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amateurs plus ou moins éclairés, eussent recours à de bonnes raisonsappuyées sur des faits, plutôt que d’écouter complaisamment des bana-lités générales sur les diverses formes de l’art ; car il suffit souvent d’unmot dit par un praticien pour détruire tout un échafaudage de raisonne-ments superficiels. Je prévois ce qu’on va me dire, et ce n’est pas lapremière fois : « Vous réduisez le rôle de l’architecte au rôle de maçon ;« vous accordez à la pratique une part trop large; l’architecture est« autre chose que l’art d’accumuler et d’assembler des matériaux d’une« manière solide et convenable; l’architecture est sœur de la musique et« de la poésie : elle doit laisser une large part à l'imagination, à l’inspi-« ration, au goût; ses lois matérielles doivent même se soumettre à ce« souille inspirateur qui agit sur le musicien et sur le poète. » Soit ; mais,si inspire que soit un musicien aujourd’hui, s’il ne connaît pas les loisrigoureuses de l’harmonie, il ne produira qu’un charivari abominable ;si inspiré que soit le poète, s’il ne sait ni la grammaire ni la prosodie,il faudra qu’il garde sa poésie pour lui seul. Or, malheureusement pournous architectes, si tout le monde aperçoit une faute de français ou unvers mal fait, si toutes les oreilles s’offensent d’ouïr une note fau.-sc ouun accord dissonant, il n’en est pas ainsi dans notre art; bien peureconnaissent un défaut de proportion, d’échelle, l’oubli des règles lesplus vulgaires. A l’abri derrière cette ignorance de la foule, on peut sepermettre toutes sortes cle licences, et nous ne le voyons que trop tousles jours.
Le premier venu ne peut faire exécuter un opéra, éditer un poème,'ou, si pareille chose arrive, le directeur et l’éditeur ne tardent pas à serepentir d’avoir donné, celui-ci sa salle, celui-là ses presses. Mais le pre-mier venu peut se faire passer pour architecte, peut bâtir, et cet art n’estpas tellement familier au public qu’il n’approuve parfois une conceptionsans raison et sans forme. Nous pouvons différer tous sur la manière d’ex-primer nos idées en architecture, sur la forme que nous prétendonsdonner à nos conceptions, mais nous sommes tous d’accord sur la valeurdes règles imposées par le bon sens, par l’expérience, par les lois impé-rieuses de la statique. Eh bien ! s’il s’agit d’enseignement, commençonspar établir cet accord, et ne soulevons pas inutilement des questions deforme, qui, après tout, n’ont qu’une importance secondaire. Enseignonscomment chaque période de l’art a essayé de satisfaire à ces lois inva-riables; comment il faut remplir un programme donné, et n’affichonspas, aux yeux de la jeunesse, ces préférences ou ces exclusions, qui,n’étant fondées ni sur la raison ni sur le goût, ont le danger de poser enface du public des questions insolubles pour lui, qu'il veut trancher à