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Tome premier.
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CINQUIÈME ENTRETIEN’. I M

l'aide de son senliment et de ses connaissances snperiioielles. Je soulmiteque cet appel à la concorde soit entendu ; il le serait si chacun voulaitexaminer les opinions véritables de son confrère, et ne lui prêtait pas lesidées que le vulgaire lui suppose. Si cette entente désirable existait,l’enseignement, au lieu de décroître et de tomber dans la confusion, serelèverait certainement. La jeunesse, prenant part aujourd’hui à desluttes qu’elle exagère avec une passion aveugle, saurait qu’il est, dansnotre art, avant tout, une seule voie sûre, celle indiquée par le savoir etla raison ; nous ne lui offririons pas le déplorable moyen de s’affranchirde l’étude sérieuse, pénible, matérielle, sous le prétexte de partager lessentiments de telle ou telle école. Je ne prétends pas que l'architecturesoit seulement, un art de raisonnement, soit une science pure, en unmot ; mais, dans le péril, on doit avant tout se jeter du côté où est ledanger. Ouand la maison brûle, on ne discute pas si elle est bâtied'après les règles de \ignole ou sur le patron des habitations gothiques ;on court à l’eau. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de faire prévaloir uneforme de l’art sur une autre; nous n’avons plus ce pouvoir, j’ai dit plushaut pourquoi. Il s’agit de donner à la jeunesse une méthode sûre pourapprécier leur valeur respective ; cette méthode, c’est le raisonnement,c’est l’analyse, c’est la science qui classe et choisit après avoir comparé,c’est 1’enseignoment, des moyens pratiques sans exclusion, sans préjugés,sans vaines théories. Nous n’en sommes plus aux temps où l’on pouvaiteffacer des siècles entiers de l’histoire, et si quelques esprits attardéscroient encore que leur silence est un service rendu aux arts, c’est pureillusion, car ils ne font ainsi qu’irriter les recherches ; leur silence mêmeest une provocation, et toute provocation mène à l’exagération dessentiments provoqués. Prétendre cacher une chose que tout le mondeest à même de savoir, ou méconnaître un sentiment général, c’a été lafolie de tous les systèmes à leur déclin; en " ' _ ‘, c’est l’origine desrévolutions violentes ; dans les sciences et dans les arts, c’est une porteouverte! aux extravagances, à l’ignorance audacieuse, aux réactionsirréfléchies, à la confusion et à l’oubli des principes élémentaires. Dansdes temps de transition et d’enfantement comme le nôtre, je crois que leseul moyen d’aider à cet enfantement (et que pouvons-nous faire de plus?),c’est de tout examiner de bonne foi, sans passion, c’est de déposer unesorte de bilan sincère de l’état des connaissances acquises ; et si nousprétendons diriger, nous, atomes perdus dans le flot commun, que cesoit avec notre meilleur guide, notre raisonnement, notre faculté decomparer et de déduire. Si ce guide n’est pas infaillible, il a du moinscette qualité d’éclairer la route à chaque pas et de permettre à ceux qui