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pour obtenir un art (pii soit à nous, il faut remuer les idées et non lesétouffer ; il faut les présenter sous toutes leurs faces à l’aide du raisonne-ment, les éprouver par la comparaison et par le frottement. Les anciensavaient l’avantage sur nous de ne pas posséder une masse énorme de.matériaux dont nous sommes bien forcés de tenir compte; ils avaientencore le bénéfice d’une éducation en harmonie parfaite avec leur étatsocial, tandis (pie la nôtre n’est qu’un ramassis indigeste de traditionsvieillies auxquelles personne ne croit plus, et de sciences nouvelles quisont en contradiction manifeste avec ces traditions.
Oue l’on gémisse sur notre siècle tant qu’on voudra, il y a matière, etj’entends qu’on doit meme avoir la liberté de gémir sur le temps présent;mais, pour moi, notre siècle en vaut bien un autre, et je le prends telqu’il est. Si chacun veut en faire autant, il aura ses arts; il suffit pourcela de nous servir un peu de notre faculté de raisonner, de cesser decroire que nous vivons sous Louis XIV et que M. Lebrun est surintendantdes beaux-arts en France .
Dans notre précédent Entretien, nous avons parlé des édifices romainsvoûtés, c’est-à-dire des édifices qui appartiennent d’une manière évidenteau génie particulier à ce peuple, génie qui s’appuie sur le sentiment dela durée, (le la possession, de la puissance. Cependant ces édificesn’étaient pas les seuls. A la fin de la République et au commencement del’Empire , les Romains ne semblent pas posséder encore ce sentiment desupériorité incontestable qui plus tard leur fit adopter, dans les construc-tions civiles, certaines méthodes uniformes, imposées partout en dépitdes habitudes locales et des influences étrangères. Le traité de Vitruve ,quoique tout romain , et malgré son penchant pour les formules, indiqueencore une certaine liberté dans l’art de bâtir qui doit être l’objet d’uneétude approfondie. Il est un édifice romain dont nous n’avons pas encoreparlé qui présente des dispositions et une structure particulières, c’est labasilique.
Le nom de basilique est grec et veut dire maison royale. Il est probableque ce mot est venu d’Asie et que c’est aux successeurs d’Alexandre, auxrois macédoniens établis en Orient qu’on doit la basilique. C’était vrai-semblablement leur divan, le lieu où ils rendaient la justice. Vitruve nefait, aucune distinction entre la basilique grecque et la basilique romaine ;mais nous avons déjà eu l’occasion de remarquer (pie Vitruve ne paraitpas avoir une idée exacte de l’architecture grecque et de ses dispositions
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