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u d'un aspect agréable. Ce moyen de construction épargne beaucoup« de peines et de dépenses, car on supprime les ornements qui sont« au-dessus des architraves, l'ordonnance des colonnes supérieures et« les appuis. Cependant ces colonnes, qui, d’une seule venue, vont« porter les poitraux qui reçoivent la couverture, donnent beaucoup de« majesté et de magnificence à l’édifice. »
Vitruve prétend que son couvre est bonne, ce qui est naturel, et jetrouve que le jugement qu’il en porte est bon, en effet. Il nous fait assezvoir combien les anciens étaient libres dans leurs compositions architec-toniques; qualité propre à toutes les belles époques de l’art. Il y a undemi-siècle, Vitruve , au nom des règles de l’architecture romaine, n’eûtpas obtenu, avec son projet de basilique pour Fano , une mention àP École des beaux-arts. Que dis-je? il eût été mis hors de concours!renvové sur les derniers bancs, pour apprendre l’architecture romainede par Vignole ou Palladio. Ne pas poser un entablement complet surdes colonnes ! Surmonter leurs chapiteaux de poitraux et d’une charpentereposant sur des cales! Adosser des pieds-droits à des colonnes! Quellehérésie, quel oubli de toutes les règles! Il y a vingt-cinq ans, la basiliquede Fano eût passé pour l’œuvre d’un romantique. Et. je crois me souvenirqu’alors, si, par hasard, on mentionnait cet édifice en bon lieu, ce n’étaitqu’en soupirant, sans insister, avec ces ménagements que l’on prend sil’on vient à signaler les égarements dans lesquels tombent parfois lesartistes les plus capables. Mais à qui donc se fier, si le seul auteur spéciallaissé par l’antiquité abandonne, dans l’édifice qu’il construit, le seuldont il nous laisse une dcscri_ " , ces règles posées par lui-même,
ces règles si bien transcrites dans les livres des architectes do la renais-sance, et qu’eux-mêmes n’ont pas suivies dans la pratique? L’architectureserait-elle un art dont les formes sont arbitraires et dont les principesseuls sont invariables? Aurait-on fait fausse route depuis deux siècles,en donnant certaines formes comme invariables, comme la dernièreexpression du goût, et en négligeant de s’occuper de ces principes,auxquels les anciens eux-mêmes semblaient attacher la plus grandeimportance? Ces architectes du moyen âge, si fidèles à leurs principes etsi libres dans l’adoption des formes, seraient donc plus près de "que le grand siècle, que le siècle du classicisme par excellence? Quelrenversement de toutes les idées reçues ! Et combien il est fâcheux qu’onne puisse invoquer la prescription pour les idées, fussent-elles fausses,comme on l’invoque en faveur de la propriété d’origine douteuse !
Il n’en résulte pas moins, pour tous ceux qui ne tiennent pas absolu-ment aux règles posées par les théoriciens, mais peu suivies par les