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ENTRETIENS Sl.’R l’aRCIIITECTCIIE.
foule et à la réunir, pour ainsi dire, dans leurs œuvres : à coup sûr,ces sortes de monuments n’ont pas pris naissance dans une république.Quelle qu’ait été la basilique grecque, il faut donc établir une distinctionentre celle-ci et la basilique romaine. D’ailleurs, ainsi que je l’ai ditdéjà, en fait de dispositions architectoniques les Romains n’ont réelle-ment pris aux Grecs que celles de leurs temples ; toutefois qu’il s'agitd’un service public, le Romain n’emprunte à personne, il crée et ilmodifie les plans qu’il a tracés suivant ses besoins. Or, les basiliquesétant des monuments recevant plusieurs destinations, et ces destinationspouvant varier ou prendre plus ou moins d’importance suivant le tempset le lieu, le Romain varie ses plans à l’infini.
Il ne faudrait pas se méprendre sur la portée de l’opinion émise àpropos des monuments publics de l’Empire. Leurs dispositions ne sontpas absolues à ce point d’exclure toute variété ; les principes seuls dumonument public romain, depuis Auguste, sont immuables ; mais unprincipe, si absolu qu’il soit, peut, dans l’application, prendre desformes diverses ; nous en avons la preuve plus tard encore, pendant lemoyen âge. Toutefois, l’architecture ne s’applique pas qu’aux monu-ments publics ; elle joue un rôle important dans la vie privée, et si nousn’avons qu’une idée très-vague de ce que pouvaient être les habitationsdes Grecs, il n’en est pas de même chez les Latins.
On ne saurait trop le répéter : pendant toutes les époques de l’histoireconnue, il existe entre les mœurs, les habitudes, les lois, la religion despeuples et les arts, une relation intime. Peut-être notre époque fait-elleexception, la postérité en jugera ; mais il est certain que, pendant lapériode de l’antiquité romaine, par exemple, comprise entre la tin dela République et la chute de l’Empire, l’architecture suit rigoureusementles divers mouvements de la société romaine. Dans notre quatrièmeEntretien, nous avons insisté sur les méthodes suivies par les architectespendant la période impériale, parce qu’en elfet c’est pendant cettepériode seulement que les arts de Rome sont vraiment romains ; mais,au moment où la République va finir, combien il est intéressant d’étudierles rapports qui existent entre les arts et les mœurs ; que de charmesdans cette architecture de transition qui n’est plus grecque et qui n’estpas encore l’architecture impériale ! Quel temps favorable pour les artsque celui où vivaient un Cicéron, un Lucullus, un Servius Claudius , unSalluste ! Certes, la maison de Cicéron à Tusculum devait être, compa-rativement à ce que devinrent les magnifiques villæ des empereurs et deleurs favoris, un bien modeste séjour; mais de quel délicieux parfumd’art devaient être imprégnés ces murs tant aimés du dernier citoyen de