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la République ! Pour qui connaît un peu l’antiquité, ce qu’il en dit dansses lettres, les soins qu’il apporte, en homme de goût et d’esprit, à embellircette habitation, font découvrir des trésors d’élégance , des dispositionscharmantes ; car il ne s’étend nulle part sur la richesse des marbres ou despeintures, il ne parle pas de sa maison de campagne avec la vanité d’unenrichi n’ayant d’autre but en vue que d’écraser par son luxe quelquevoisin ; il ne s’étend que sur le bien-être qu’il y trouve, sur les collectionsd’objets d’art qu’il y classe avec amour, sur les avantages de l’orienta-tion ; d’ailleurs, il se lie à son architecte ; quoique autant Grec queRomain, il ne discute pas sur les formes de l’art, mais il est évident qu’ily est très-sensible. Veut-on un exemple de son respect pour les décisionsde l’artiste auquel il confie les travaux de sa maison ? Dans une deses lettres à Atticus , il dit à son ami : « Apprenez qu’en trouvant« mes fenêtres trop étroites, vous vous faites une affaire avec Cyrus« (c’est, son architecte); heureusement ce n’est qu’avec l’architecte.« Gomme je lui disais cela, il me fit voir que des fenêtres larges donnant« sur un jardin n’offraient pas une perspective aussi agréable à la vue.« En effet : soit A l’œil qui voit, R et G l’objet qu’il voit, D et E les« rayons qui vont de l’œil à l’objet ; vous comprenez bien le reste. »Cette démonstration non achevée est tout entière en grec, et il estévident (pie Cicéron ne fait que répéter ici ce qu’a pu lui dire sonarchitecte, Grec probablement; démonstration à laquelle il n’a guèreapporté d’attention et qui le touche assez peu. 11 ajoute plus loin, aprèsune épigramme à l’adresse des épicuriens (Atticus appartenait à cetteécole) : « Si vous trouvez à critiquer dans le reste, j’aurai toujours« d’aussi bonnes raisons à vous donner, à moins que je ne puisse y« remédier à peu de frais. » U est difficile de citer un passage quiétablisse d’une façon plus vive quelle était la nature des relations d’uncitoyen romain, le premier de la République alors, homme d’un goût sipur et d’un esprit si fin, avec son architecte. 11 est évident que leshommes d’élite à Rome alors aimaient les arts avec passion ; mais assezintelligents pour comprendre (pie les Grecs étaient leurs maîtres, ilscroyaient n’avoir rien de mieux à faire que de s’en rapporter à leursartistes. D’ailleurs, pour orner cette même habitation, Cicéron n’écrit-ilpas à son ami de lui acheter des statues en Grèce où il séjournait, deveiller à ce qu’elles lui arrivent en bon état? Combien il egt regrettablequ’il ne nous reste, de cette époque de transition, mélange des arts grecsavec les habitudes régulières des Romains, qu’un si petit nombre dedébris. 11 devait y avoir alors dans les œuvres d’architecture cetteliberté, cette élégance bien supérieures à la richesse, liberté dont nous