Band 
Tome premier.
Seite
161
JPEG-Download
 

V

Cl.Mil'iîî.Mli K.YJlllillü.X. 1()J

qu’on ne le semble croire ; mais ce n’est pas en passant son temps àRome ou à Athènes à relever pour la millième fois le théâtre de Mar-cellus, le portique d'Octavie ou le l'arthénon, à luver péniblement unbout d’entablement ou de chapiteau dans sa loge de la villa Médicis . quel’architecte, revenu en France , pourra prendre quelque influence surl’esprit d’un client capricieux ou indécis, qu’il pourra appuyer ses avissur les raisons simples et solides auxquelles, à moins d’être insensé, onfinit par se soumettre.

Nous avons jeté un coup d’œil sur les monuments publics des Romainset nous avons pu apprécier, toute forme mise de côté, comme les pro-grammes .étaient largement et scrupuleusement remplis, comme lecontenant expliquait clairement le contenu, comme les moyens deconstruction employés étaient exactement ceux qui convenaient à l’étatde la société d’alors, comme le luxe et la richesse ne tombaient jamaisdans la recherche, mais participaient au contraire à cette grandeur dupeuple romain, sans affectation comme sans enflure. Si nous descendonsdans la vie privée du citoyen romain, si nous le voyons chez lui, c’estautre chose ; quand un citoyen romain est assez riche pour bâtir unthéâtre, un portique, des bains pour le public, il adopte l’architectureofficielle, dirai-je, celle qui convient au public; mais s’il bâtit pour lui,pour sa famille, il ne cherche pas à surprendre au dehors ou à éblouirla multitude, il 11e demande que la satisfaction de ses goûts personnels,qu’à élever une habitation agréable pour lui et les siens. Telles étaientdu moins les habitudes des citoyens romains à la fin de la République .Plus tard, la vanité, le besoin de paraître modifièrent les tendances duRomain à cet égard; mais alors on pouvait prédire la chute de la sociétéantique. Non-seulement des maisons de Pompéii conservent toutes, àl’extérieur, les plus riches et les plus vastes comme les plus petites, uneapparence de simplicité uniforme; mais les moyens de construction, lesmatériaux sont les mêmes dans les unes comme dans les autres. Onretrouve encore ces habitudes dans toutes les villes d’Orient. Si l’on estriche, si l’on peut se faire disposer des appartements remplis de sculp-tures et de peintures, on tient à conserver cette richesse pour soi et 011évite d’attirer les regards envieux du dehors sur sa maison. Ces habi-tudes étaient naturelles dans une république, et tel citoyen qui avaitdépensé plusieurs millions de sesterces à faire faire un aqueduc ou uncirque pour sa ville habitait une maison qui, pour les passants, n’avaitpas plus d’apparence que celle de son voisin jouissant d’un faiblepatrimoine. Il est à croire même que cet usage de laisser ignorer aupublic les richesses intérieures des habitations privées contribua à