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Tome premier.
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développer chez les Romains cet amour pour leurs villœ, où là, dumoins, ils pouvaient manifester leur goût pour le luxe et le bien-être,sans craindre les critiques de la plèbe ou de leurs voisins. Nous trouvonsla marque de ces sentiments d’envie à Rome , à l’égard des citoyens quise faisaient bâtir des demeures plaisantes, dans la vie de Cicéron ,lorsqu’il est forcé de quitter Rome par suite des intrigues du parti deClodius ; la première chose que l’on fait, lui parti, c’est de raser sesmaisons. De pareilles violences chez une multitude aveugle, dans uneville si souvent remuée par les factions, devaient contraindre les citoyensriches à cacher soigneusement leur faste et leur bien-être intérieurs.Le programme de l’habitation romaine différait donc des programmesdonnés pour les mojiuments publics, non-seulement par les dispositionssoumises aux besoins, qui naturellement étaient diflèrentes, mais aussipar le côté qui touchait plus particulièrement à l’art. Si le Romain necroyait jamais trop faire pour indiquer au dehors le monument public,pour manifester sa grandeur et son importance, il pensait devoir, aucontraire, dissimuler aux passants la splendeur de son habitation. Oncomprend combien alors les villes romaines devaient peu ressembler auxnôtres, et combien aussi l’apparente simplicité des habitations devait,faire ressortir d’autant la magnificence des édifices. Evidemment,l’aspect pittoresque des cités devait y gagner par les contrastes ; les idéesdes citoyens s’en ressentaient. Le sens de la vue a ses habitudes commeles autres sens, et il est certain que reflet produit par des édificespublics d’une grande richesse extérieure, situés au milieu de maisonsuniformes, ne présentant que des lignes simples, un extérieur grave etfermé, était de nature à élever l’esprit et à le rendre plus propre àapprécier les œuvres d’art. Les Romains passaient la plus grande partiede leur temps hors de chez eux. Le matin, les citoyens considérablesrecevaient les clients qui venaient, dans l ’atrium de leur habitation,attendre le lever du maître. 11 sortait avec eux, car, sous la Ré e,

parmi les patriciens, se faire accompagner par un grand nombre declients était un moyen d’influence sur les affaires publiques. On serendait ainsi au forum ou sous les vastes portiques qui, sur plusieurspoints de la ville, servaient de promenoirs, de rendez-vous d’affaires;on vaquait aux occupations publiques, elles étaient incessantes ; puison se rendait aux bains ou aux jeux du cirque ou de l’amphithéâtre, etquand le soir venait on rentrait chez soi. Alors la maison n’était ouverteque pour quelques amis. Le luxe intérieur était donc intime; les piècesqui composaient la maison romaine étaient petites, donnant sur des courset portiques intérieurs ; personne au dehors ne pouvait savoir ce qui se