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Tome premier.
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HUITIÈME ENTRETIEN.

l’on accepte, parce que les chefs (le la doctrine les déclarent conformesaux règles, sans jamais expliquer ces règles, et pour cause. Quelquefoiscependant ce public qui regarde et qui paye se fâche un peu, il voudraitcomprendre ; c’est alors qu’on lui déclare nettement qu’il n’entend rienà ces matières et qu’on agit, à bon escient, en dehors de son influence ;que, s’il ne trouve ce qu’on lui fait ni beau ni commode, c’est lui quia tort; que les gardiens du dogme, seuls compétents, sont contents,et que cela doit suffire. Dans un siècle comme le nôtre, où chaque matinon remue de nouvelles idées, où tout est mis en discussion, jusqu’aux fon-dements sociaux, une seule chose, semblerait-il, demeure inébranlable,c’est le dogme inexpliqué de l’architecture, gardé par un mystérieuxaréopage. Cependant, au dehors, des voix demandent une architecturede notre temps, une architecture pour nous, une architecture compré-hensible, une architecture conforme à nos habitudes civiques. L’aréo-page ne répond pas, cela va sans dire, h ces clameurs indiscrètes; ilferme ses portes et exige de ses adeptes une soumission d’autant plusaveugle que la multitude fait plus de bruit. Que faire donc? où est lerecours? Le pouvoir, ou plutôt l'administration, qui n’est pas artiste,et qui a bien autre chose à faire que d’entamer des discussions sur l’art,préfère décharger sa responsabilité sur les gardiens des doctrines dé-clarées, par eux-mêmes, saines entre toutes, et tout demeure pour lemieux dans le meilleur des mondes possibles. D’ailleurs, où est la pierrede touche? « Le public n’est pas content, dites-vous ; mais ce sont quel-ques frondeurs qui disent cela, quelque journal dont les amis n’ont rienà bâtir. Où prenez-vous le public qui se plaint? Pour moi, je n’ai entenduautour de tel ou tel édifice qu’un concert de louanges. N’y a-t-il paseu toujours des envieux? La France est un admirable pays, la ville deParis en est la digne capitale, nulle part en Europe vous ne trouverezune administration plus éclairée et plus loyale; l’Académie des beaux-arts réunit l’élite des architectes qui se choisissent entre eux, c’est parconséquent la plus libérale des institutions dans le pays des lumièreset des arts. Donc, de quoi vous plaignez-vous, ô public? » A cela, rienà répliquer.

Cependant un directeur de théâtre est forcé de tenir compte d’unparterre qui siffle une pièce, bien que celle-ci ait été reçue avec accla-mation par le comité de lecture le mieux composé, parce qu’il y a, aubout des sifflets, une question de recettes. Un mauvais tableau, exposé,fût-il entouré des plus hautes protections, est toujours un mauvaistableau, et l’auteur le garde. Une œuvre littéraire, même bien appuyée,si elle ennuie, reste chez son éditeur. Mais un édifice bâti, qu’en faire