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conséquence de faits matériels, tels que, par exemple : la nature desmatériaux, la façon de les mettre en œuvre, les habitudes particulièresrésultant du climat, de certaines aptitudes de races, de la richesse plusou moins développée, du goût pour le luxe, de la nécessité, de l’étatpolicé d’un peuple. Si nous trouvons des principes de proportions iden-tiques chez les Grecs de l’antiquité et chez nos artistes du moyen âge, iln’en est pas moins constant que les temples grecs n’ont aucune analogie,apparente du moins, avec nos églises gothiques. Toutefois, une méthoderaisonnée, par cela même qu’elle est une méthode et qu’elle est raisonnée,doit aboutir à des conséquences opposées, dès l’instant qu’elle s’appliqueà des éléments qui sont eux-mêmes opposés. On n’accuse pas de con-tradiction un homme qui se plaint du chaud en juillet et du froid enjanvier; son organisme n’en est pas moins un, parce qu’il sent différem-ment dans des circonstances différentes. On ne peut accuser de contra-diction et de folie que des hommes qui se promèneraient en été couvertsde fourrures, et en hiver vêtus de toile, ou qui mettraient de habits longsau gymnase et des habits courts pendant une cérémonie funèbre. S’il ya des lois générales, il en est aussi de particulières au temps, au lieu, auxmoyens dont on dispose; or, c’est la confusion que l’on établit entre leslois générales et particulières qui fait que depuis longtemps déjà on nepeut s’entendre sur les questions relatives à l’architecture. Ceux-ci veu-lent que nous ne portions (pie des fourrures, ceux-là que de la toile, et n’ad-mettent pas la raison de ces transformations dans la manière de se vêtir.
Les Grecs avaient raisonné juste en adoptant la colonne, la pierrelevée, le style portant une traverse ou plate-bande et en donnant à cettecolonne une proportion relative à elle-même, à sa fonction. Les Romainsavaient fort médiocrement raisonné en conservant les proportions rela-tives de la colonne, appliquée à des monuments voûtés, dans lesquelsl 'ordre ne remplit qu’une fonction accessoire. Les Grecs de Byzance ,ayant admis le principe de la structure romaine, se gardent bien de con-sidérer Y ordre comme un type dont les proportions sont fixes.
Chez les Occidentaux, pendant le moyen âge, la colonne devientindépendante de Yordre; elle s’allonge ou se raccourcit en raison de lafonction qu’elle remplit dans le système général de l’architecture; elleest grêle ou épaisse en raison de la matière employée, car on ne conçoitguère comment il peut se faire que, sous une pression égale, on donneà une colonne de granit le diamètre qu’il faut laisser à une colonne tail-lée dans du vergelé. Dire que les colonnes de la nef de Notre-Dame deParis ne sont pas d’une bonne proportion parce qu’elles n’ont nul rap-port avec les proportions admises dans les ordres de la Grèce ou dei. b/i