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Tome premier.
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DIXIÈME ENTRETIEN.

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B pincer deux mille personnes. Leur donnerons-nous In même appa-rence? Evidemment non , puisque les moyens que nous possédons en lîne sont pas ceux dont nous disposons en A. Tout en satisfaisant à unmême programme, il nous faudra donc adopter deux modes d'archi-tecture très différents; et si, avec de la brique et du bois de sapin, nousprétendons simuler une structure de pierre ou de marbre, au moyend’enduits et de peintures, de l’art nous faisons un assez triste emploi. Unprogramme rempli, une structure donnée, ne suffisent pas pour pro-duire une œuvre d’art ; il faut avec cela une forme. Certainement leprogramme aussi bien que la structure devront influer sur celte forme;mais en nous soumettant exactement à l’un et en observant la seconde,nous pouvons cependant adopter des formes très diverses. Quelle estcelle qui convient le mieux aujourd’hui à notre civilisation ? C’est pro-bablement la plus souple, la plus docile; celle qui se prêtera le mieuxaux détails infinis de notre existence compliquée à l’excès. Où trouvons-nous, sinon des modèles, au moins des précédents de cette forme prêtsà toutes les exigences ? Est-ce dans l’antiquité grecque ? ou même dansl’antiquité romaine? Plutôt dans cette dernière. Mais encore, comment,par exemple, partir de l'architecture romaine pour faire emploi du fer?N’csl-cc pas plutôt dans ces œuvres de l’école laïque du moyen âge ? Cesartistes n’ont-ils pas pressenti les ressources que nous fournissent l’indus-trie, la mécanique, et la facilité extrême des transports à de grandes dis-tances? Et n’y a-t-il pas, par exemple , les plus grands rapports entre labibliothèque Sainte-Gcnevicve, bâtie depuis peu, et la grande salle duPalais, à Paris , brûlée au commencement du xvu" siècle. L’appoint an-tique jeté dans la salle moderne a-t-il ajouté quelque chose au mérite del’œuvre? N’a-t-il pas plutôt contribué â en altérer l’imité en mêlant deséléments étrangers les uns aux autres, en présentant réunies des formesdérivant de deux principes opposés.

En suivant, dans la composition, le troisième précepte de Descartes ,le programme étant rempli et la structure adoptée, qu’avons-nous â fairepour procéder du simple au composé ? 1° Connaître d’abord la naturedes matériaux que nous devons employer ; 2 ° donner à ces matériaux lafonction et la puissance relatives à l’objet, les formes exprimant le plusexactement et ectlc fonction et cette puissance; 3° admettre un principed’unité et d’harmonie dans cette expression, c’est-à-dire l’échelle, unsystème de proportion, une ornementation en rapport avec la desti-nation et qui ait une signification, mais aussi la variété indiquée par lanature diverse des besoins à satisfaire.

Qu’est-ce que connaître la nature des matériaux que l’on doit mettre

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