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Tome premier.
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ENTRETIENS SUR 1.'ARCHITECTURE.

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tend, cl qui n’est plus soumis à scs propres règles? Que par respect [tourl’art, pour conserver au monde un type d’une éternel le beauté, l’originalétant mutilé, détruit, avec mille soins on élève à Paris, sur Montmartre ,un double du Parlhénon en marbre, bâti comme l’est le Parthénon , j’ad-mets cela, c’est une question de musée, c’est un texte perpétué. Maisqu’on aille jucher des colonnes doriques grecques au premier étage d’unegare de chemin de fer, engagées entre des arcades romaines, le toutfiché en mortier ou plâtre, et bâti de vergelé, avec des plates-bandesappareillées-, en vérité, où sont la raison, l’utilité, le sens, le but d’unepareille étrangeté? N’est-ce pas là plutôt une marque de mépris pour l’artqu’une marque de respect ? Qui donc trouverait plaisant qu’on allât graverdes vers d’Homère sur les murs d’un entrepôt?

Nous n’aurons une architecture que du jour où nous voudrons biendécidément être conséquents, apprécier les œuvres du passé à leur valeurrelative, et « faire partout des dénombrements si entiers et des revues sigénérales, que nous soyons assurés de n’avoir rien omis», que du jouroù nous aurons de bonnes cl solides raisons à opposer aux fantaisies desamateurs, car la raison finit toujours par prendre le dessus.

Examinons donc à fond nos procédés, les formes habituelles de notrearchitecture; comparons-les aux procédés, aux formes de l’architectureantique, et voyons si nous ne nous sommes pas fourvoyés, si tout n’estpas à refaire, afin de trouver cette architecture de notre temps réclaméesi haut par ceux-là mêmes qui nous enlèvent les seuls moyens propresà lui donner naissance.

Je laisse de côté l’architecture grecque, dont on peut bien prendrequelques bribes à droite et à gauche pour les appliquer sans motif sur nosédifices modernes qui n’ont avec ceux des Grecs nul rapport ; j’arrive àl’architecture de l’empire romain, la seule qui ait sérieusement influé surla composition de nos monuments depuis le xvn e siècle, et la seule qui,dans certains cas particuliers, peut nous offrir des exemples pratiques. Sij’analyse un monument romain, comme le Colisée , comme les thermes,comme les palais, comme les théâtres, ce qui me frappe tout d’abord, c’est lastructure puissante, logique, combinée par des gens profondément expé-rimentés. Or, en quoi consiste cette structure ? Ce sont des masses deblocages formant une concrétion absolument homogène, devant lesquelleset sous lesquelles parfois, comme au Colisée par exemple, il existe uneconstruction de pierres de taille appareillées. Dans ce cas, la constructiond’appareil sert d’enveloppe et souvent de supports à la structure prin-cipale, au véritable corps de l’édifice. Mais si les blocages, si les maçon-neries de cailloux, briques ou moellons sont fortement réunis par un