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ENTRETIENS SUR I-'ARCHITECTURE.
augécs à pied-d’œuvre et à faire mouler ees augées par des garçonsmaçons? Que de temps et de peine perdus! que de causes de malfaçons,d’accidents, de négligences !
Examinons donc comment, pour les voûtes particulièrement, onpourrait éviter certaines manœuvres ou certains ouvrages préparatoiresadoptés encore aujourd’hui, et par conséquent des dépenses. Outre leplâtre qui, employé à l’intérieur, est une excellente matière, nous pos-sédons des ciments, des bétons comprimés ou agglomérés qui peuventdonner de grandes parties de voûtes toutes façonnées d’avance à l’atelier,dans d’excellentes conditions, sous une surveillance facile, pour êtremontées sur le tas et être posées rapidement, à l’aide de dépensesminimes. Aujourd’hui, si l’on veut bander des voûtes, on commencepar poser des cintres en charpente sur lesquels on établit des couchis enbois, composant la forme convexe de la voûte. Ces cintres et couchis,qui doivent disparaître, sont une dépense considérable. Les Romainsn’employaient pas une autre méthode. Sur ees couchis ils bandaient desarcs en briques entre lesquels ils coulaient un bétonnage battu sur forme.Ainsi faisaient-ils des voûtes d’une très-grande portée. Les maîtres dumoyen âge établissaient des cintres en charpente pour porter les aresdoubleaux et les ares ogives sur lesquels, à l’aide de couchis mobiles, ilsmaçonnaient les remplissages*. Ce dernier moyen économisait déjà unepartie de la charpente qui était nécessaire pour bander les voûtes ro-maines. Mais nous ne devons pas nous en tenir à ces procédés; il nousfaut profiler de ce qu’ils ont de pratique et trouver mieux s’il est possible.La planche XXII montre plusieurs formes de voûtes employées simul-tanément pour couvrir un vaisseau. Que sur le plancher en charpentequi aura servi à établir les jambes de force inclinées en fonte, on posedes cintres (tous taillés sur la même épure) pour recevoir les arcs enpierre, cela est inévitable; mais pour bander les coupoles indiquées danscette planche, on peut se dispenser de dresser cet attirail de cintres et decouchis si embarrassants, si longs à tailler et si dispendieux.
Les Orientaux ont une méthode bien simple pour faire des coupolessphéroïdales. Ils attachent au centre du sphéroïde une tige en bois parun bout, et la faisant manœuvrer comme un rayon, ils posent successive-ment sur plâtre les briques qui forment la concavité. Chaque cercle debriques, ou plutôt chaque section horizontale de la sphère, forme unezone qui ne saurait se déformer, et les ouvriers arrivent ainsi a
1 Voyez l’exposé de cette méthode dans le Dictionnaire raisonné de l'architecturefrançaise, article Construction .