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Tome deuxième.
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TREIZIÈME ENTRETIEN.

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débiter en assises basses des blocs épais, et dépenser en pure perle dessciages, afin île se conformer à un tracé traditionnel, déprécier par consé-quent de beaux matériaux au moyen d’une grosse dépense. Ou bien (cequi est pire) simuler, sur les gros blocs posés, un petit appareil, de tellesorte qu’une seule assise en figure deux ou trois. Il semble qu’un archi-tecte doit être heureux de posséder de magnifiques matériaux et qu’ilcombinera sa structure de manière à faire ressortir ces qualités supé-rieures; point, il les dissimule pour se rapprocher d’un style d’architec-ture qui n’avait à disposer que de matériaux d'une qualité inférieure. Onvoit dans une des grandes villes de France, Lyon , qui fait venir des maté-riaux durs d’une merveilleuse solidité et que l’on extrait en blocs énormes,des constructeurs faire tailler, sur des pieds-droits monolithes, des assises,et sur des linteaux d’une seule pièce, des claveaux de plate-bande. 11 neserait pas plus étrange de découper une belle pièce de drap en petitsmorceaux pour se donner la satisfaction de les recoudre, ou. de figurerdes pièces sur un manteau taillé dans un large lé d’étoffe. C’est cependantà des aberrations de ce genre que conduit la répulsion qu’une certaineéeoie d’architectes manifeste pour tout ce qui est raisonnement ou plutôtla crainte puérile de voir le raisonnement étouffer l’inspiration. La raisonn’est, dans aucun art, l’ennemie de l’inspiration ; elle en est, au contraire,le régulateur nécessaire et l’alliée la plus sûre. La raison n’entrave quela fantaisie; quant à la véritable inspiration, elle fait appel à toutes lesfacultés de l’intelligence pour se manifester et, loin de craindre leslumières de la raison, elle s’en entoure comme d’un rempart.

Si, comme cela doit arriver, les engins propres à transporter et à éleverles matériaux se perfectionnent encore et deviennent d’un emploi plusfacile et frequent, ces matériaux nous seront livrés sur les chantiers enblocs plus considérables si ce sont des pierres, en pièces plus lourdes etplus grandes, si ce sont des fers. Or, déjà, l’architecture que nous prati-quons n’est plus en rapport avec les nouvelles ressources, elle s’efforcede cacher ces moyens puissants au lieu de s’en faire honneur; que sera-cedonc quand ces moyens auront acquis encore plus d’étendue? N’y-a-t-ilpas, dans le judicieux emploi des ressources fournies, un élément de ré-novation de l’art? Du moment que ces ressources augmentent en puissance,pourquoi les architectes ne tiendraient-ils pas compte de cette augmen-tation dans la qualité ou la dimension des matériaux disponibles?Les seules tentatives qui ont été faites en ce sens depuis quelquesannées se sont bornées à élever devant des façades quelques colonnesmonolithes, colonnes qui ne sont d’ailleurs qu’une décoration, qu’unplacage, et ne sont pas nécessaires à la stabilité des constructions. Pour-