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une multitude de cellules, ou meme les amphithéâtres des Pomains quin’étaient que des enclos couverts transitoirement. La civilisation moderne,qui incline de [dus en plus vers la démocratie, qui ne compte dans sonsein ni esclaves, ni serfs, ni même des castes privilégiées, élève desédifices pour tous. Le moyen âge a ouvert la voie en construisant sescathédrales, et le programme donné a été rempli avec un rare bonheur.
Il faut considérer qu’au xix e siècle, en Europe comme en Amérique , etmalgré le réseau de traditions qui nous enveloppe, tout ce qui n’est pas faitpour le public, tout le public, est destiné à périr. Or, les locaux où le ' "cse porte pour ses affaires, ses besoins ou ses plaisirs, ne sont jamais assezvastes. Chaque jour nous démontre la vérité de cet axiome d’architecturemoderne. Jamais la surface couverte n’est trop grande, jamais les issuesne sont trop larges, jamais les moyens de communication trop facilespour tout édifice dans lequel le public se réunit suivant que son goût,ses besoins, ses affaires ou scs plaisirs le poussent. C’est là un élémentnouveau, qui ne s’était jamais produit cl qui ne pouvait se produire avantl’établissement des voies ferrées, avant le ” ' ipement extraordinairede l’activité des relations. En écoulant parfois les esprits chagrins quiblâment quand même les prodigieux travaux de percement accomplis àParis et dans nos grands centres, on se demande comment les choses scseraient passées si nos villes eussent été laissées dans l’état où ellesétaient il y a vingt ans? Aurait-on pu vivre, circuler, vendre ou acheter?On répond, il est vrai, que l’activité fiévreuse de nos grandes villes estprovoquée par ces moyens nouveaux de circulation et par les travauxqu’ils nécessitent. Là est la question. Je ne crois pas qu’il suffise d’ou-vrir une rue pour qu’aussitôt la foule et les charrois s’y portent : jamaisLouis XIV n’a pu faire de Versailles un séjour animé, malgré les artèresmagnifiques qui traversent cette ville. Mais quand on voit que tout unpeuple se précipite dans l’issue qu’on ouvre devant lui, on peut se direque l’issue était nécessaire. Or, qu’on nous montre à Paris, à Marseille ou à Lyon une seule de ces grandes voies nouvelles, déserte! Et obser-vons bien ce fait.... quand on a établi le premier chemin de fer, combienn’a-t-on pas répété que ces voies perdraient une notable partie de leursproduits le jour où l’on exécuterait les lignes secondaires, les embranche-ments? Or, sauf quelques rares exceptions, c’est le contraire qui s’estproduit ; plus on a ouvert de voies et plus on a voyagé, plus on a transportéde marchandises. Il semble que la population se multiplie en raisondirecte des chemins qu’on lui fait. Il en a été de même dans nos villes -, ona dit bien des fois que tel percement nuirait à tel autre, que tel boulevardrendrait tel autre désert 5 plus 011 en ouvre et plus ils semblent être