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ENTRETIENS SUR l'aRCHITECTURE.
majesté extérieure, ou est contraint aux plus étranges mensonges. Encore,dans les habitations privées, l’architecte peut-il concilier, jusqu’à un certainpoint, lesdislrilmtionscommandéespar les besoins avec ce luxe déployé surla voie . ' ” . .Ses étages sont divisés, et ses fenêtres percés par la spé-culation en dépit des ordres et de la majesté; mais, dans les palais, il n’enest pas ainsi : là, la spéculation n’intervient pas, le produit ne s’imposepas, il en résulte (pic des façades magistrales cachent les dispositions lesplus étrangères à ce qu’elles paraissent contenir. 11 y a une architecturepour le passant, une autre architecture pour l’habitant; et, si jamais quel-qu’architecte prétend relever ces demeures prineières, il lui faudras’évertuer à concilier les plans intérieurs avec l’ordonnance extérieure.Cette fenêtre qu’il aura dessinée au dehors ne se retrouvera plus dans ladistribution des appartements ; telle haie carrée pour le passant sera unearcade pour l’habitant. Si bien que le palais a une double enveloppe :l’une pour la voie publique, l’autre pour les distributions intérieures.Que devient la décoration architectonique dans ce coûteux désordre? elleest double comme la structure; celle de l’extérieur n’ayant aucun rap-port avec celle de l’intérieur. A ces observations dont chacun peut re-connaître l’exactitude, beaucoup disent: «Que nous importe! pourvuque l’œuvre soit belle au dehors, belle au dedans, il ne paraît pas néces-saire que ces deux beautés concordent. Nous voulons un édifice qui, pourla foule qui passe, soit splendide, majestueux, symétrique et parfait, maisnous voulons aussi être logés commodément, réunir dans les inté-rieurs les splendeurs d’un luxe merveilleux. Nous, nous ne regardonspas ces façades faites pour occuper le vulgaire, nous vivons derrière elles,nous avons notre goût et notre luxe privés. » Soit ; que des personnesentièrement étrangères à l’art parlent ainsi, cela se peut admettre ;mais que des artistes se soumettent à ces singulières conditions et, ques’v soumettant, ils se considèrent comme des architectes, cela est plusdifficile à comprendre; car s’il est une chose digne d’occuper l’architecte,c’est celte concordance parfaite entre toutes les parties de son édifice, lacorrélation entre l’enveloppe et ce qu’elle contient, l’expression sincèredu dedans à l’extérieur, non-seulement par la structure, mais par la dé-coration qui s’y doit lier intimement. On a vu, sous LouisXIV, un méde-cin se prétendant architecte, élever la colonnade du Louvre comme on élèveune décoration, sans se soucier de ce qu’il mettrait derrière ce majes-tueux paravent. En effet, n’v mit-il rien et ses successeurs furent-ils bienempêchés d’y mettre quelque chose propre à être utilisé. Nous ne croyonspas que les défenseurs les plus zélés de l’architecture du grand siècle aientmanifesté pour cette devanture autre chose qu’une admiration purement