QUINZIÈME ENTRETIEN.
213
platonique, étaient tente d’expliquer ee passe-temps de pierre. Mais desfantaisies de. ee genre sont-elles de notre temps ? peuvent-elles être ac-eeplées par un publie qui tôt ou tard demande à savoir pourquoi on luiélève tel ou tel édifice? Construisons des monuments splendides, e’esttrès-bien, mais qu’ils aient le sens commun et ne soient pas fait surtoutpour la montre ; car ee public si bon enfant parfois, et qui depuis long-temps accepte.... pardon.... subit une certaine architecture qu’on luidéclare, non sans hauteur, être la gloire de l’art français , peut un jourprétendre qu’il n’est pas assez riche pour payer cette gloire. Que nosjeunes architectes se défient de ce lourde fortune et sepersuadentque.een’est pas le goût appuyé sur la raison qui provoque les réactions, maisbien le luxe impertinent, la richesse effrontée et qui s’étale inutilement.L’architecture de notre temps n’est point un art de luxe fait pour quelquesamateurs, pour une fraction de la société ; c’est un art qui appartient àtous puisqu’il est, s’il s’agit de monuments publics, payé par tous, il doitdonc se conformer au mœurs, non d’une coterie, non d’un public, maisdu public. Essayons donc de laisser de côté en les admirant, je le veuxbien, les splendeurs vaniteuses de l’art romain ou de l’architecture deLouis XIV et tentons, non de nous faire pauvres, dépouillés et hum-bles, ce qui ne peut convenir à un grand pays, mais mieux estimer par legoût, par la raison et la sagesse de nos œuvres que par un abus injusti-fiable de la richesse. Mettre d’accord la décoration de nos monumentsavec les qualités solides et réelles de l’esprit français qui se dégoûtepromptement de l’exagération et du manque de mesure, est un beau pro-gramme, digne d’exercer l’esprit de la partie jeune et indépendante denos architectes. C’est de l’observation de ce programme que renaîtracette architecture de Y avenir et non d’un mélange indigeste des formesempruntées aux temps oû cet art n’avait pour guide que le caprice dequelques privilégiés.
Il est une puissance toute moderne, de laquelle il faut nécessairementtenir compte : c’est la critique, non la critique de parti pris, envieuse etdissolvante — de celle-là on ne doit pas se préoccuper, — mais de lacritique qui participe de l’esprit du siècle, penchant vers l’examen attentifet s’appuyant sur la raison. Cet esprit investigateur qui ne se paye, dansles sciences, ni d’hypothèses, ni de systèmes établis à priori , mais quidemande des preuves fondées sur l’expérience et l’observation, tend à pé-nétrer dans le domaine de l’art, surtout si l’art touche par un côté à lascience. C’est de notre temps, et de notre temps seulement, que l’on avu la nouvelle méthode critique appliquée à l’étude du passé dans l’or-dre matériel aussi bien que dans l’ordre immatériel. Cette méthode ne se