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« concluez-vous de tout cela? « L’apprenti architecte n’avait rien conclu,comme vous le pensez, et restait silencieux. Le maître ajouta : « Puisque,« (l'un fragment, d’un ordre que vous copiez dans l’atelier, vous préten-« (liez en déduire le monument tout entier, comment de tant d’édifices ou« portions d’édifices que vous avez dessinés ne tirez-vous aucune consé-«quencc?Unc maison, un hôtel, une église ont leur raison d’être, cl« tout ce qui contribue à la décoration de ces édifices doit avoir sa raison« d’être. Vous êtes-vous demandé si les divers édifices que vous avez des-« sinés vous ont séduit, vous ont donné l’envie de les copier parce qu’ils« étaient en rapport excellent avec leur destination, et si leur décoration« était ee qu'elle doit être? Je vois que, de sentiment, vous avez assez bien« choisi; mais cela ne suffit pas, il faut savoir pourquoi et comment une«œuvre d’art plaît. Retournez voyager, mon ami, si vous le pouvez, et« laites que votre tête travaille plus que votre main, sur les chemins aussi« bien qu’à l’atelier. » Le conseil était trop du goût de l’élève pour qu’ilne fût pas suivi; il ne cessa de courir la France et une partie de l'Europe ,entendant toujours résonneries derniers mots de son excellent patron. Etla conclusion finale, la voici : C’est que, pour plaire, quelle que soit la pa-rure sous laquelle Fart de l’architecture se montre, il faut que l’expressionrésulte d’une pensée parfaitement nette et définie; que sous le prétexte derendre une inspiration soudaine, une disposition métaphysique de l’esprit,un sentiment, elle ne s’égare jamais dans le vague du songe insaisissable.Les mouvements que la musique et la poésie peuvent provoquer dansl’âme de l’auditeur ne sauraient se produire devant une œuvre d’architec-ture, qui ne touche l’esprit qu’en passant par le crible de la raison. A cecompte, on devient exclusif, comme disent nos modernes fantaisistes,c’est-à-dire qu’on exclut de l’art tout ce qui ne remplit pas cette condition.
Vouloir transposer dans les arts, cela sent un peu la décadence.L’écrivain prétend peindre, il échange sa e contre un pinceau, et,pour lui, les mots de la langue deviennent une palette. Brin à brin il dé-taille les ronces de son paysage, ne vous fait grâce ni des termes techni-ques, ni des ombres et des lumières; il vous donne un catalogue descailloux du chemin ; il sait que celui-ci est composé du granit le plus pur,eet autre d’un fragment de quartz, et croit, après cet inventaire, vous placer
devant un site; il estompe les fonds et glace les feuillées. Le moindre
croquis ferait mieux notre affaire. Par contre, il est une éeole de peinturequi voudrait, d’un tableau, faire un manifeste philosophique ou social. Pasune draperie, pas un accessoire qui ne soit dessiné sans une profondeintention. La peinture passe ainsi au logogriphe ; et si l’on ne saisit pas toutd’abord les moindres recherches de l’artiste, si l’on ne pénètre pas avec