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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SUR L’ARCHITECTURE.

pierre el du fer, il est entraîné à composer de véritables rébus ou à sacrifierdes nécessités essentielles, des convenances impérieuses à l'expressiond’une pensée philosophique qu’au total personne ne pénètre, et qui deman-derait, pour être comprise, quelques pages de texte ou la présence d’unciccrone.

Or, pour en revenir à la sculpture, il me paraît que le nom de statuairemonumentale ne saurait être accordé qu’à celle dont toutes les parties sontliées à l’architecture aussi bien par la pensée générale que par l’exécutiondans le délail. La statuaire de l’Égypte, celle de la Grèce et celle de notremoyen âge, par des moyens différents, sont arrivées à satisfaire à- cesdonnées impérieuses, et la dernière venue, celle du moyen âge, a fourni,sans abandonner son principe, la plus grande variété d’expressions qu’ilsoit peut-être possible d’obtenir. Depuis le milieu du xu* siècle jusqu’à la(in du xm e , cet art français a produit, avec une abondance sans égale, unequantité d’œuvres d’architecture dans lesquelles la statuaire, fût-elle d’uneexécution médiocre, obtient des effets dont la grandeur n’est pas contestable.

( literai-je comme exemples les portes des abbayes de Moissac et de Vézclay,les porches latéraux de Notre-Dame de Chartres , de la cathédrale deBourges, de l’église Saint-Scurin de Bordeaux , ceux du portail de la cathé-drale d’Amiens, et la façade de Notre-Dame de Paris ? Qui ne connaît etqui n’a entre les mains des gravures ou des photographies de ces mer-veilleuses conceptions, à la fois architectoniques et sculpturales? Con-ceptions dans lesquelles l’iconographie est si bien tracée, les rapportsd’échelle si savamment observés ! Mais cherchons des exemples plus mo-destes. La valeur d’un art se manifeste, non par quelques conceptionsgrandioses où les ressources de toute nature ont abondé, mais dans lesœuvres d’un ordre relativement secondaire. Un siècle qui, à cûté demonuments d’une richesse inouïe, d’un luxe prodigieux, d’un déploiementexagéré de moyens, élève des bicoques sans nom, constructions dignesdes barbares, tant elles sont mal conçues, mal exécutées et difformes,ne peut passer pour un siècle d’art. Pour exister, l’art a besoin d’uneatmosphère dans laquelle il puisse vivre. Si on le met en serre chaude,il n’est plus qu’une curiosité, un amusement ou un objet d’étude pourquelques privilégiés. Supposons un propriétaire terrien qui ferait éleverune serre magnifique, qui consacrerait tout son avoir, qui emploieraittous les bras dont il dispose à faire pousser dans cette serre les plantesles plus rares, mais qui laisserait les chardons et les ronces pousser surses terres; n’aimerait-on pas mieux voir la serre à bas et les terres pro-duire de beaux bois, de belles moissons, de belles vendanges? Noussommes un peu en France , aujourd’hui, s’il s’agit d’architecture, comme