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Tome deuxième.
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SEIZIEME ENTRETIEN.

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ce seigneur; nous avons mie serre magnifique, et à côté trop de char-dons. La vie de l'architecture, autrefois répandue partout sur notre sol,s’est concentrée dans une serre chauffée et cultivée à grands frais; et,après tout, on aime toujours mieux se promener sous des futaies pous-sant à l’air libre que sous des ombrages protégés par un vitrage.

Quant à la statuaire, en supposant même que nous soyons trop sévèredans notre appréciation lorsqu’il s’agit de deux ou trois de nos grandesvilles, si par hasard elle se montre dans des édifices communaux, n’esl-ellc pas grotesque? Ou bien, si, grâce à la libéralité d’une administration,elle figure sur une façade, a-t-elle quelque relation possible avec cetédifice? Acheter une statue dans une exposition, l’emballer, l’envoyer àdeux ou trois cents kilomètres pour être placée dans une niche disposéesur la paroi d’un mur et qui attend n’importe quoi, c’est ce qu’on appelleencourager les arts ! Encourager l’artiste à faire une seconde statue dans

l’espoir qu’elle aura le même sort que la première, oui..Mais l’art,

qu’a-t-il à voir là dedans? C’est cependant vers ce but que tendent la plu-part de nos statuaires ; je ne parle que de ceux qui ont un talent réel. Fairetranquillement une statue ou un groupe dans l’atelier, et voir l’objet achetépar une administration pour être envoyé quelque part. Ai l’artiste qui lecède, ni l'administration qui l’achète, ne savent où. On trouvera bien une

place ! Et « à statue donnée.» De pareilles habitudes sont-elles de

nature à former une école de statuaire monumentale?

Existent-elles, oui ou non, ces habitudes? Y a-t-il quelque exagérationdans ce (pii vient d’être dit? Dernièrement il a été question de réformesdans le domaine des arts. Sait-on, dans le public, sur quoi ont porté la dis-cussion entre les artistes? Sur l’exposition, c’est-à-dire sur l’organisationd’un vaste bazar. — Quelques-uns demandent que tout le monde puisse yplacer ses œuvres; d’autres veulent un jury éliminateur; plusieurs — etceux-là ne sont pas les moins logiques, le gouvernement actuel de larépublique des arts admis — réclament des expositions spéciales pourl’Institut et... ses agrégés! Le mot a été prononcé ; qu’on ne pense pasqu’il est de moi. Mais personne n’a songé à demander s’il n’y avait pas,dans le mode d’enseignement, de distribution des ouvrages d’art, quelquechose de plus urgent à tenter; si l’État devait continuer à se faire maîtred’école pour les artistes, sous la tutelle d’une coterie, ou s’il n’était pas[dus sensé de laisser ce soin à l’initiative privée? Il se trouve un mi-nistre qui, par aventure, dans un moment de poussée libérale, prétenddonner aux artistes la liberté. Chaque groupe ne songe dès lors qu’àXorganiser à son profit ; l’Institut en tête, cela va sans dire. Organiser laliberté \ Voilà un singulier assemblage de mots. Organiser la liberté, c’est