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Tome deuxième.
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SEIZIÈME ENTRETIEN.

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elle était entièrement peinte. Le sujet général n’a guère besoin d’êtreexpliqué. Au sommet, le Christ, assis, est couronné par deux anges; sousses pieds est placé saint Étienne, patron du diocèse ; à ses côtés, la Viergeet sainte Anne, puis saint Pierre et saint Paul, saint Jean, saint André etlieux autres apôtres. Rien ne manque à cette composition : ni la liaisoncomplète avec les lignes de l'architecture, qu’elle appuie, loin de les con-trarier; ni la juste proportion des statues par rapport à l’ensemble; ni laclarté, ni l’exécution. Le pignon, destiné à masquer le comble, surmonteune rose éclairant la nef, laquelle rose, avec sa robuste archivolte por-tant ce pignon, est percée au-dessus d’une belle porte décorée autrefoisde trois statues. Deux clochers — un seul est achevé — terminaientcette large composition et se mariaient avec ses lignes principales. Ainsiqu’on voudra bien le remarquer, toutes les ligures sont abritées, et ne sontpas ainsi sujettes à être tachées par la pluie, comme cela n’arrive que tropsouvent dans nos édifices modernes. La clarté, cette qualité principale detoute œuvre d’art, n’est pas ici discutable.

Que le style du monument ne soit pas du goût de quelques artistes,ce que nous admettons, puisqu’il possède les qualités qui leur font abso-lument défaut, cela ne change pas la question. 11 s’agit d’une dispositiongénérale, de rapports d’échelle, de l’harmonie entre les lignes de l’archi-tecture et le caractère de la statuaire ; il s’agit de montrer comment cesartistes du moyen âge, fussent-ils parmi les plus humbles, savaient s’en-tendre pour obtenir un ensemble auquel deux arts doivent concourir.Il ne s’agit pas d’autre chose. La statuaire n’est pas ici un hors-d’œuvre,un objet apporté après coup, une réunion de morceaux enlevés à des ate-liers ; elle tient à l’architecture comme les membres de l’édifice v tiennenteux-mêmes. C’est tout ce que nous voulons démontrer.

Ce n’est pas seulement sur les monuments existants qu’on petitapprécier cette union intime des deux arts — union destinée à les fairevaloir réciproquement — chez les artistes du moyen âge ; c’est aussi dansune quantité de compositions auxquelles certainement ils n’attachaientnulle importance : dans des vignettes de manuscrits, par exemple. C’estquand des arts reproduisent leurs expressions sur des œuvres de toutenature, et non sur quelques objets exceptionnels, qu’on peut apprécier leurvaleur, et dire qu'ils sont devenus comme une sorte d’habitude, qu’ilsémanent d’un principe admis et compris de tous.

11 existe â la bibliothèque impériale un manuscrit de la fin du xv e siècle,rempli de miniatures assez médiocres sous le rapport de l’exécution, maisdans lesquelles l’artiste s’est plu à tracer un grand nombre d’édifices. C’estun Tite-Live en français . Le peintre, croyant sans doute que les monu-

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