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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SI)K I.’aKCHITECTCHK.

i|ii’il n’était absolument nécessaire. Quelques fragments de statues colos-sales égyptiennes, taillées dans du granit et déposées au Musée Britan-nique, présentent ees mêmes qualités à un degré supérieur. Toujoursune silhouette simple, facile à saisir, à graver dans le souvenir, et unmodelé qui semble revêtir les détails d’une enveloppe, les laissant deviner,mais ne faisant ressortir que les traits principaux.

On retrouve encore ces qualités essentiellement monumentales dans lesnus des ligures du tympan du l’arthénon, avec une beauté dans le choixde la forme qu’il ne peut être donné à l’iiomme de surpasser.

D’ailleurs, dans la belle statuaire monumentale de l’antiquité, jamaisun geste outré ou faux, jamais une expression grimaçante. Il y a là commeun triage des œuvres de la nature, laissant de côté les détails insignifiantset les points vulgaires, afin de n’en saisir que la donnée principale,méritant seule de fixer l’esprit et manifestant l’idée par le procédé leplus simple. Pour remplir ces conditions, il est nécessaire qu’indépendam-ment de l’habileté de main, l’artiste ait compris le côté philosophique,pour ainsi dire, de son art; qu’il ail analysé les effets produits sur lesêtres animés par les instincts, les passions et les sentiments, et qu’il aitsu distinguer, parmi ces effets, ceux qui sont réellement en rapportimmédiat avec l’organisme individuel, de ceux qui résultent d’habi-tudes sociales. Jamais les animaux ne font un faux geste ; on n’en peutdire autant de l’homme, que l’éducation, le milieu où il vit, le vêlement,la mode du jour, font passer souvent à l’état de fantoche savammentarticulé. Pour qui sait voir cependant dessous ce fantoche, — et il neas croire qu’il n’y en eût pas à Athènes , — on retrouve l’homme,le vrai, comme sous les travers, les ridicules et les vices, il v- a la con-science humaine. L’habileté chez le statuaire, comme pour le psychologue,est de chercher et de découvrir, l’un le geste vrai, l’expression maté-rielle vraie d’un sentiment, l’autre ce recoin de Paine qui ne changepas et qu’on est convenu d’appeler la conscience. Quelques critiquesattaquent vivement le réalisme , peut-être n’ont-ils pas tort ; mais il fau-drait dire par quel côté il est attaquable, ce qu’on se garde généralementde faire. Blâmer le réalisme parce qu’il prétend prendre la nature sur lefait et la rendre telle qu’elle est, c’est répondre par la question elle-mêmeet ne rien résoudre. Le fait est que le réalisme n’est pas plus près de lanature que ne l’est le poncif académique. L’un n’en aperçoit et n’en faitconnaître qu’une apparence, qui n’est pas la vérité; l’autre met à la placeune forme de convention, comprise seulement par ceux pour lesquelscette forme est devenue familière et s’est substituée à la nature. Je vaistâcher de me faire comprendre par un exemple.