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Tome deuxième.
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ENTRETIENS SUR L ARCHITECTURE.

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vent, la statue est laite sans que l’artiste connaisse la place qui lui seradestinée, comment pourra-t-il tenir compte de cette différence dans l’exe-cution? et n’en tenant compte, le hasard seul le servira donc?.le ne croispas que les Grecs aient fait des statues sans destination précise avant ladomination romaine, c’est-à-dire avant l’invasion des amateurs romains,plus vaniteux que connaisseurs. Je suis certain, par ce que nous avonssous les yeux, que les imagiers du moyen âge n’ont jamais sculpté unestatue ou un bas-relief sans savoir où leurs ouvrages seraie:.'. placés. Sousce rapport, ce sont eux qui, à juste titre, auraient le droit de nous traiterde barbares.

Sous le ciel de l’Altique, l’atmosphère est d’une si parfaite transpa-rence, la lumière si vive, que les artistes de cette contrée pouvaientcompter sur un effet constant, et se permettre des compositions qui, sousnotre climat, seraient exposées en pure perte. Mais encore avaient-ilsbesoin d’appuyer la statuaire, fût-elle taillée dans du marbre blanc, par lapeinture. Ainsi les fonds des métopes, des tympans, étaient toujours peints,et les figures elles-mêmes étaient redessinées et ornées au moins d’accès-soires peints, dorés ou de métal. Il n’v avait donc pas à craindre que deloin ces sculptures fussent perdues dans les ombres projetées par la sailliedes corniches. Encore est-il aisé de reconnaître que les statuaires tenaientcompte de la place, de la lumière directe ou reflétée, par la manièredont le modelé est traité. Cela est sensible, par exemple, sur les frisesintérieures du portique du Parthénon , qui ne pouvaient jamais être éclai-rées que par reflet, et vues à petite distance, de bas en haut. Les surfacesdestinées à accrocher la lumière pour faire sentir la forme sont inclinées,contrairement, souvent, au modelé réel. Les caryatides du Pandrosium,placées en pleine lumière, sont traitées de telle façon que les parties accu-sant fortement la pose offrent de larges surfaces unies, tandis que cellesqui doivent s’effacer sont chargées de détails, qui prennent toujours del’ombre, d’où vienne la lumière (1). Le même principe peut être observédans les charmants fragments arrachés au petit temple de la VictoireAptère, et qui étaient exposés également à l’air libre.

Mais le nord de la France n’est pas placé dans des conditions atmos-phériques aussi favorables. La lumière du soleil fait souvent défaut; sou-vent même des brumes épaisses ne laissent passer que des rayons solairestrès-atfaiblis et décolorés. Si l’on plaçait des bas-reliefs dans un denos édifices ainsi que l’étaient les frises du portique du Parthénon , onles verrait peut-être pendant quinze jours par an ; le reste du temps,

(1) Voyez le septième entretien, iig. 15.