SEIZIEME ENTRETIEN.
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sur (‘os t'oui'oimeinonls? si bien que l'humidité et la mousse aidant, aprèsun peu de s, il est impossible de rien comprendre à ees tortillementsde corps et de membres. Voit-on quelque chose de pareil dans l’antiquité?Non pas : toul ce qui est destiné à se détacher en silhouette sur le ciel esttoujours traité de la manière la plus simple et la plus facile à saisir, aussibien par l’ensemble que par les détails. Est-ce neuf? Est-ce cet art del'avenir, promis? Non ; car on commence à se trouver en faee de cesabus dans les plus mauvaises conceptions de l’art italien au déclin de larenaissance. Est-ce là ce que vous allez chercher à home? Soit ; mais alorsne nous parlez pas des études à faire sur les arts de l’antiquité, et surtoutsur ceux de la Grèce ? fhiels sont donc vos principes? où les puisez-
vous? Nulle part. dans votre imagination? C’est autant dire que vous
n’en avez pas, de principes! Alors ne nous parlez pas des grandes tra-ditions, du besoin de les conserver. Ne vous posez pas comme les dé-fenseurs patentés de ces traditions, si vous êtes les premiers à vous enaffranchir, et convenez un jour, loyalement, que vous faites, d’une étudesans critique de l’antiquité, un monopole à votre profit sous la tutelle dugouvernement, qui a la simplicité de vous croire, sur votre affirmationet sans preuves, les soutiens nécessaires de doctrines que vous ne pra-tiquez pas et qui ne sont qu’un masque!
Rarement un siècle n’a autant usé et abusé delà statuaire que l’a faitnotre temps sur les édifices; en est-il résulté [tour le public un goût plusdélicat, un jugement plus viril sur les choses d’art? le crains que l’eflètcontraire ne se produise. Le publie ne s’occupe pas des morceaux, desparties qui intéressent les ateliers, à moins qu’une grosse réclame n’attireson attention sur le point mis ainsi en évidence ; il ne voit et ne juge queles ensembles. Si la clarté leur manque, si l’harmonie fait défaut, il passeindifférent, et il est dans son droit de public. Les artistes l’accusent, letraitent, d’ignorant, gémissent sur la dépravation du goût, cl ils ont fort.Ce que demande et ce que demandera toujours le public avec raison,c’est de comprendre sans effort ce qu’on fait pour lui. c’est que les par-ties d’un édifice ne s’isolent pas de l’ensemble. Il vent prendre son plaisiren masse, et n’a pas le loisir de distinguer si, dans une œuvre confuse pourson esprit et ses yeux, il y a quelques morceaux recommandables, pasplus qu’il n’écoutera patiemment cinq actes d’un drame mal conçu etobscur, mais au milieu desquels brilleraient deux ou trois bonnes scènes.
Il est trop commode de toujours accuser le public; et, quand un paysunnme la France possède des Académies d’art, entretient à grands fraisune école d’art, si ce publie, au lieu de s’intéresser aux produits fournispar ees écoles et ces Académies , cherche ailleurs satisfaction à scs goûts,