Band 
Tome deuxième.
Seite
298
JPEG-Download
 

298

ENTRETIENS SUR ï/aRCHITECTL'RE.

Non, certes. Conslnlons d’abord un lait qui, pour Paris du moins, est do la[ilus liante gravité, puisqu’il touche par un coté à sa prospérité.

Les percements prodigieux opérés à travers la capitale sous le dernierempire, ont développé à l’excès la spéculation sur les constructions à lo-cations. Les spéculateurs qui ont profilé des premiers percements et desplus nécessaires, tels que la rue de Rivoli , le boulevard de Sébastopol,ont réalisé des bénéfices considérables; mais sur ces voies centrales, tra-versant des quartiers populeux et commerçants, si cher que fût acheté leterrain, les spéculateurs n’avaient à faire autre chose que de construiredes maisons pour la clientèle de ces quartiers qui ne pouvait se déplaceret qui, par conséquent, certaine de faire ses affaires, louait relativementà des prix élevés, et surtout louait avec baux à longs termes. Sur cesvoies, le commerce envahit quelquefois jusqu’aux derniers étages desmaisons, et le commerce est, dans une ville comme Paris , le personnel quiaccepte les loyers les plus élevés, parce que le loyer élevé est une desconditions des bénéfices. l'n négociant réalise 5000 fr. de bénéficepar mois en payant 2/| 000 fr. de loyer par an, et ne réaliserait que1000 fr. de bénéfice s’il ne payait que 0000 fr. par an. C’est unequestion de place, de quartier, de centre d’affaires. Mais quand les per-cements se sont étendus sur des parties de la ville qui ne présentaientpas ces avantages commerciaux, quand des boulevards neufs ont été ou-verts du côté de l’ouest, par exemple, les conditions pour le spéculateurétaient tout autres. Il n’en payait pas moins le terrain très-cher et la eon-s e prix, au moins, que dans les quartiers popu-

leux. Ne pouvant plus trouver à rez-de-chaussée des prix de locationénormes relativement à la surface occupée, il devait compter sur la loca-tion d’appartements somptueux aux étages inférieurs. Cela allait bien dansles premiers moments. Ces quartiers sont beaux, à proximité des Champs-Elysées, des Tuileries , du bois de Roulogne. Ces magnifiques apparte-ments étaient promptement retenus et occupés. Mais si riche que soit lapopulation delà ville de Paris , les personnes qui peuvent mettre 2/i,OOOI'r.à la location d’un appartement sont en nombre limité; or, ce nombre’e locaux, il ne s’est plus trouvé personne pour occuper ceux quela spéculation ne cessait d’offrir. D’ailleurs beaucoup pensaient qu’il vautmieux se faire bâtir un petit hôtel qui, terrain compris, coûte 500 000 fr.,(pie de payer l’intérêt de celte somme sans en posséder le capital. Aussiest-ce à dater de ce moment qu’on a vu bâtir, â Paris , quantité de petitshôtels et que se sont garnis les terrains autrefois inoccupés de Cliaillot,de la Muette, de Neuilly , de Passy, d’Auleuil, etc. L'habitude de posséderun hôtel ou même une petite habitation, a ainsi pénétré peu â peu jusqu’aux