— 30 —
fusil nouveau, un lampiste une lampe, un poêlier unpoêle, un pompier une pompe; ce sont les physiciensqui nous ont dotés des instruments les plus ingénieux etles plus utiles que nous possédions, ce sont les physi-ciens qui amèneront dans la vapeur la révolution quise prépare ; tous les inventeurs, anciens et modernes,ont été et sont encore des physiciens : Archimède , Cté-sihius, Architas, Héron, etc., étaient des physiciens;Séguier, Daguerre, Pelletan, Robert, Galli, Combes,Poncelet, Fourneyron, Sorel, Arnott, sont presque tousdes professeurs de physique. On comprend pourquoiles inventions arrivaient si lentement autrefois, quandon considère l’état d’imperfection des sciences physiques,chimiques, hydrostatiques, pneumatiques et mécani-ques chez les anciens, et la rareté des hommes qui s’yadonnaient. Que ne doit-on pas attendre de la jeune gé-nération qui s’y livre avec un enthousiasme et une cu-riosité justifiés par l’attrait puissant qui s’attache à cegenre d’étude ?
Il n’est pas difficile de prévoir qu’il ne s’écoulera pasde longues années sans que nous voyions les découvertesse succéder avec la même abondance que nous voyonséclore les livres aujourd’hui, et cela aura lieu du momentoù les physiciens seront devenus aussi nombreux queles littérateurs et les avocats.
Qu’arrivera-t-il alors? Nous ne saurions le prévoir;mais il est impossible de supposer qu’une pareille abon-dance de bien soit nuisible. Nous pensons au contrairequ’un gouvernement sage doit faire tous ses efforts pourhâter la venue de cet heureux instant : celui qui précé-dera les autres dans la voie des découvertes rendra sesvoisins tributaires et vassaux. Déjà le gouvernement