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Tome premier.
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Locomotives françaises.

Si les progrès faits par les Français depuis cinq ansdans la construction soignée des machines à vapeur nousont surpris, notre étonnement a redoublé en apercevantdeux locomotives de la plus belle exécution, celle deMM. Stéhelin et Hubert, de Bischweiler, et celle desfrères Schneider, exécutées en entier dans le célèbreétablissement du Creuzot, qui l’emporte aujourd’hui,dit-on, sur Seraing , puisqu’il occupe 3,000 ouvriers.

Tel est le sort de ces immenses ateliers qu’ils semblentne pouvoir prospérer qu’après une ou plusieurs chutes.

Quinze à vingt millions ont été, dit-on, enfouis auCreuzot par les premiers fondateurs ; le Creuzot, vendupour deux millions, prospère aujourd’hui, car on n’aplus à servir les intérêts des anciens capitaux.

On dirait que ces vastes créations suivent la loi géné-rale, qui veut que les vieux troncs, en se décomposant,donnent naissance à quelque rejeton vivace destiné às’alimenter de leur substance.

Le Creuzot est déjà à sa douzième locomotive, et iln’en tire aucune pièce d’Angleterre, pas même les pla-ques de fire-box; les prix sont les mêmes qu’en Belgique ,tant il est vrai que la différence qui existe entre le ferfrançais et le fer étranger, s’évanouit dans la main-d’œu-vre, lorsque les machines sont un peu compliquées.

A force de rester en contemplation devant les rouesmagnifiques de cette locomotive, nous avons découvertla manière dont on s’y prend pour les forger d’une pièce,