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l’explosion ne peut avoir lieu, quand les choses sont encet état, qu’au moment où l’on ouvre le robinet pourmettre en train la machine, ou quand on soulève lasoupape de sûreté, soit à dessein, soit accidentellement.
Cette remarque a été faite dans presque toutes lesenquêtes d’explosion dont on a pu constater les circon-stances. Il est bien singulier que ce qui semblait devoirfaire cesser le danger, en était au contraire la cause dé-terminante. On n’aura pas de peine à le comprendrepar les explications qui vont suivre, et que nous pou-vons donner comme certaines, ayant vu, pour ainsi dire,ce qui se passe dans cet instant fatal.
Dès que la soupape se lève, une masse de bulles devapeur, jusque-là retenues dans l’eau, par la pression,s’élance impétueusement hors du liquide, et tend àgagner l’orifice de la soupape ; ces bulles, en s’échappantavec la rapidité d’une flèche, entraînent de l’eau avecelles. Les premières bulles arrivées à la tubulure sontnécessairement celles qui ont le moins d’espace à par-courir, et ce doivent être celles qui s’échappent de lapartie de l’eau perpendiculairement placée au-dessousde l’ouverture de la soupape; ce sont aussi les plusabondantes et les plus tumultueuses, parce que la pres-sion est évidemment le plus diminuée dans cette por-tion du liquide.
Il arrive donc que cette vapeur, chargée d’eau, ob-strue l’ouverture par son écoulement, et barre le pas-sage au reste de la vapeur, qui, ne pouvant plus s’é-chapper en assez grande quantité, continue d’exercer sapression sur l’eau des extrémités et la force à courirvers la base de la trombe conique, qui persiste à s’élan-cer par l’orifice libre de la chaudière, de sorte qu’elle