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rait sans inconvénient le lavage à l’eau bouillante.
Nous prévoyons que l’on va se récrier contre une idéequi ne devrait cependant plus étonner personne, depuisque l’on voit dans le commerce, des coussins et deslits d’air qui n’ont pas d’autres moyens d’agglutinationque celui-là (1).
Mais revenons au feutrage, dont nous allons exposerune théorie entièrement nouvelle et surtout très-diffé-rente de l’ancienne.
On s’en était tenu j usqu’à présent à l’idée que le feu-trage n’était qu’un simple enchevêtrement des brins delaine, quoiqu’on employât le sublimé corrosif, la lie devin, etc., pour faciliter le feutrage, qui n’aurait pas be-soin de tout cela, s’il n’était question que d’une simpleopération mécanique ; mais il n’en est pas ainsi : le feu-trage a principalement lieu par un changement d’étatanalogue à celui que les médecins appellent phlogose ouinflammation, à la suite de laquelle il survient un ra-mollissement qui permet aux tissus animaux de s’agglu-tiner, et de causer, par exemple, les adhérences de laplèvre aux poumons, si communes après les maladies depoitrine. On ne s’attendait pas à voir comparer une ma-ladie organique à une opération que l’on a crue jusqu’icipurement mécanique : tout se tient dans la vie, tout estdans tout.
C’est donc cette espèce d’inflammation de la matière
(1) Au moment où nous écrivons ces lignes, une personne dignede foi nous apporte qu’il y a moins d’un an, un Américain est venuà Bruxelles avec un habit confectionné de la sorte; que cette per-sonne venait prendre un brevet pour une méthode de couper unhabit mécaniquement, lequel n’exigeait plus que cinq minutespour être monté solidement et collé au moyen du caoutchouc.