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Les gouvernements ne se compromettent pas plus queles sociétés d’encouragement, en offrant de grosses ré-compenses, certains qu’ils sont de pouvoir toujours dé-cliner le pari, en disant : Ce n’est pas cela ! Vous n’yêtes pas ! Allez encore ; allez toujours !
Voyez pourtant quelle solidité et quelle finesse j’avaisobtenues, disait-il en nous invitant à rompre un fil deses écheveaux! Le fait est que le fil était beau, mais unpeu pelucheux et pas assez tors : il avait cependant in-venté des espèces de doigts mécaniques, qui tordaient lefil légèrement mouillé, avant de l’envider sur la bo-bine .
Le pauvre inventeur, découragé, venait de convertirses métiers à lin en métiers à filer la laine, et il filait jene sais combien de kilogrammes par jour, à cette époqueoù la laine se filait encore partout à la main. Son métierà étirer la mèche, en courant sur un chemin de fer,nous avait singulièrement étonné. Nous n’en avons plusentendu parler depuis lors; mais, en 1833, nous eûmesla rare faveur d’être introduit dans une des plus vastesfilatures de lin d’Angleterre. C’était tout autre chose quele misérable atelier de l’inventeur français , obligé demarcher avec moins de sous que l’Anglais n’avait deguinées.
Le personnage qui nous avait donné, sur la recom-mandation du célèbre Dalton, un bill d’introduction,n’était pas bien sûr, disait-il, que le directeur prît saprière en considération, attendu qu’il n’était intéressédans cette manufacture que pour la faible somme de73,000 livres sterling seulement.
Nous pouvons le rassurer : le directeur nous a faittout voir de la cave au grenier, comme on dit. Voici la