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Tome premier.
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fication varie aussi comme les modes. Sous l’ancien ré-gime, les maîtres de forges du roi n’étaient que des per-sonnages de très-peu d’importance; c’est qu’à cetteépoque il était très-difficile d’arriver à la fortune en tra-versant les usines à fer. C’est seulement depuis à peuprès trente ans que l’art du maître de forges a pris del’importance.

De tous les états, l’état de maître de forges est celuiqui exige les connaissances les plus variées et les plusétendues. Cependant, d’après l’opinion générale, pourse faire maître de forges, il suffit d’avoir quelques cen-taines de mille francs à sa disposition et un bon crédit.Une aussi inconcevable erreur peut conduire dans l’a-bîme une foule de personnes estimables; nous croyonsdonc nous rendre utiles en criant à tous et de toutes nosforces : Il ne suffit pas d’avoir de la fortune pour réussirdans les forges; il faut, il faut absolument l’instruction théo-rique aussi étendue que solide, l’instruction pratique, et enfintoutes les connaissances commerciales qui constituent un bonnégociant.

Mais, dira-t-on, tous les maîtres de forges ont-ils donccet ensemble de qualités que vous déclarez indispensa-ble? A cela nous répondrons que ceux des maîtres deforges de notre époque qui n’ont pas toutes les connais-sances que nous proclamons indispensables, ont eu lebonheur de traverser l’âge d’or de la métallurgie fran-çaise; nos lois de douanes faisaient toutes leurs affaires.Sous l’empire de ces bienheureuses circonstances, lemaitre de forges qui serait aujourd’hui incapable deréussir,a gagné un million, tandis qu’il eût dû en gagnertrois.

Il est donc évident que celui qui en savait assez