Band 
Tome premier.
Seite
230
JPEG-Download
 

— 230 —

trevoir la chance d’une maladie, il vous répond : L'hô-pital n’eut pas fait pour les chiens.

Le développement intellectuel a seul la propriété dedonner l’esprit de prévision et d’inspirer la crainte dulendemain. Aussi le plus intelligent est-il le plus moral,le plus prévoyant, le plus laborieux comme le plus sou-cieux des ouvriers. Le rire, le chant et les lazzi fontdistinguer aisément les ouvriers sans ordre, sans éco-nomie et sans prévoyance.

Cela posé comme un fait positif, il s’ensuivrait quel’on doit faire abstraction de sa stature d’homme, pourne voir en l’ouvrier qu’un enfant mineur qui réclameles soins d’un tuteur.

Ainsi, la partie pensante et instruite de la sociétédevrait s’organiser en conseil de tutelle, à l’égard de lapartie qui en a besoin pour se conduire. Les maîtres,par exemple, aidés du gouvernement, devraient veillersur l’avenir des ouvriers, par des institutions de pré-voyance, telles que des caisses d’épargne, des fonds deréserve, des tontines, et par ce que les Américains ap-pellent le Deo dandum de la veuve et de l’orphelin.

Cela rétablirait un peu plus d’ordre dans le tohu-bohuindustriel. L’ouvrier s’attacherait, sinon au sol, dumoins au coffre où il saurait que se trouvent ses éco-nomies ; il se moraliserait infailliblement et acquerraitd’autant plus d’aplomb, que son avoir dans ces caissesdeviendrait plus pesant.

Ces idées, qui diffèrent de celles que se font nos ré-formateurs sur le compte des ouvriers, sont le produitnet de l’observation et d’un long contact avec eux. Onse tromperait fort en pensant que les droits politiquesles touchent beaucoup; l’essentiel pour eux n’est pas de