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Tome premier.
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lieu, au parquet des garçons tailleurs, à des transac-tions commerciales d’une grande importance relative • iln’est pas rare de voir un ouvrier offrir un franc d’une ai-guille qui a travaillé douze à quinze jours et qui s’esthabituée à traverser les étoffes les plus dures, sans secasser et sans rompre son fil.

L’acheteur retrouve son argent dans la plus grandesomme de travail accompli ; car on doit établir la valeurd’une aiguille qui passe vite, à la même échelle que celled’un cheval de course.

Il est vraiment singulier que la France , qui est, sanscontredit, le pays de l’Europe où l’on casse le plus d’ai-guilles , à cause des articles de mode que Paris fournitau monde entier, ait été jusqu’ici privée d’une manu-facture qui, de temps immémorial, occupe des milliersd’ouvriers à ses portes, et donne naissance à des fortunesdoucement progressives, que jamais une déconfiture n’afrappées, en Allemagne du moins.

On pourrait dire que l’aiguille à coudre a les mêmestendances que l’aiguille aimantée à se tourner au nord,puisqu’elle s’est portée vers Aliéna et Iserlohn , de préfé-rence à Liège et aux pays méridionaux, où elle a tant depeine à se fixer.

Nous ne suivrons pas la fabrication de l’aiguille dansses détails connus, nous croyons qu’il est superflu denous extasier, avec les touristes, sur l’adresse et lesbons yeux de ces ouvriers nains, qui percent mille pe-tits trous d’aiguilles pour 73 centimes, et enfilent uncheveu dans un poil de moustache. Cette race de perce-aiguilles manque ailleurs, il a donc fallu chercher à laremplacer par des machines à percer et à rainer, ma-chines qui exigent une grande précision, mais qui sont