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confédération protectrice des œuvres de l’intelligence.
Un brevet accordé, un dessin, un livre, une firme, unmodèle, déposés dans un pays quelconque, par un in-venteur ou un auteur, devraient partout en assurer ré-ciproquement la propriété.
Nous ne cesserons de le dire : la libre concurrence etl’impunité des contrefacteurs ont fait du commerce unvaste atelier de fraude ; c’est à qui trouvera le moyende déguiser, d’adultérer, de frelater ses produits ou ceuxdes autres; les honnêtes industriels eux-mêmes sontsouvent sollicités, et quelquefois forcés de fabriquer demauvaise marchandise, sous peine de n’avoir rien àfaire. Par exemple, un Macaire étranger viendra direaux entrepreneurs d’armes de Liège : Je vous prends dixmille fusils, mais je les veux à huit francs, arrangez-vous en conséquence. Il dira aux fabricants de couteauxde Namur : Je ne tiens pas à la qualité des lames, maisil me faut de l’apparence pour cinq mille francs ; appa-rence qui me fera plus de profit que la réalité.
Quand les frères Lânder , serviteurs et compagnonsdeClapperlon et du major Laing, furent décidés à repar-tir pour un voyage de découverte en Afrique , ils char-gèrent un courtier de leur composer une pacotille àl’usage des habitants de la côte de Guinée, en recom-mandant d’y joindre une forte partie d’aiguilles ; l’hon-nête chargé d’affaires s’adressa aux fabricants anglais quine voulurent pas consentir à déshonorer leur firme parl’action infâme qu’il leur proposait ; mais il trouva sonaffaire chez les contrefacteurs du continent, et quand lesdeux voyageurs arrivèrent en Afrique , et qu’ils eurentdébité leurs paquets, ils virent, peu de temps après,tous les acheteurs rapportant, de trente à quarante