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Tome second.
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Il est venu l’an dernier un fusil d’Amérique construitsur ce plan, pour lequel nous avions demandé en 1835un brevet qui nous a été refusé sous le prétexte pleind’humanité, que celte invention semblait trop meur-trière pour lui accorder la sanction d’un brevet. Voilàcomment certaines gens comprennent la loi des brevets.

Nous ne devons pas oublier les noms de Beaucheron-Pirmct, Lefaure, Ouiller-Blanchard, Paris , Plomdeur,Gauche, Pelé, l’Abbé et Michel, amateur Orléanais , qui aprésenté un fusil brisé sans chiens ni gâchette appa-rente, ni Teissiè-Dumottet, avec son fusil brisé au-dessusdu tonnerre, armant le chien par le mouvement d’ou-verture; mais puisque le jury n’a pas fait mention dufusil du capitaine Béleurgey, nous dirons deux mots decet ingénieux officier qui redoutait si fort d’être surprisparmi les exposants par son général.

Qu’on se figure la position d’un pauvre capitaine d’in-fanterie dans l’ennuyeuse garnison de Troyes en Champa-gne , lequel au lieu de passer sa vie au café, se monte unpetit atelier qui lui sert à exécuter une foule de char-mantes inventions, tels que tours, étaux, machines àforer, poires à poudre, fusils, chars à glaces, shakosélastiques, etc., etc., le tout travaillé dans la perfec-tion. Eh bien! direz-vous, ses chefs devaient lui savoirgré de ne point perdre son temps comme ses cama-rades !

C’est ce qui vous trompe, sa conduite faisait tache,c’était un scandale aux yeux d’un vieux sabreur de l’em-pire. Aussi un beau matin le capitaine reçut-il l’ordre des’arracher à son atelier et de faire le sacrifice de sesgoûts de travailleur, indignes du noble métier des ar-mes. Il fut envoyé à Cherbourg , où il tâchera, dit-il, de