PREFACE.
pas résister assez' lgng-remps , aux vents & aux pluyes, auxneiges, Sc aux tempeítes, non plus qu’aux bras des hommes:ils ont fait des murailles de pierre , qui durent plus long-temps, Sc résistent mieux aux efforts des ennemis.
A la vérité , les armes n’estoient pas fore violentes en cetemps-là; neantmoins comme leurs inventions & leurs ma-chines augmentoient, & que leur force incommodoit beau-coup-, on trouva le moyen de s’en défendre par des élevemensde murailles plus hautes, de figure quarrée, ou ronde, qu’ona nommez Tours, du dessus defquelles ils lançoientdes dards,& jettoient des pierres à ceux qui les attaquoient, Lc qui neleur pouvoient nuire que par la fappe.
Mais depuis l'invention de la poudre , Sc celle des Ca-nons , des Pétards, des Fourneaux, Lc des Mines, on a esté obli-gé de changer cette forte de fortification ancienne,que l’onvoit encore en plusieurs villes de France, d’Italie , d’Efpa-gne, Lc d'Allemagne, en vne autre plus asseurée, parce qu’il yavoir plusieurs endroits couverts, par où l'on fe pouvoit glis-ser dans les villes , Lc s’y attacher fans estre vu de pas vn lieude la Place , d’où l'on pût estre empefché de faire vne ou-verture à la muraille, Lc dans cette ouverture vn fourneau Lcvne mine-, pour faire fauter vne bonne partie de la ville avecla muraille ou la tour, qui de la ruine de fa chute eust faitvne montée pour aller à l’assaut, Lc donné l’entrée à la villepar cette brèche, qui eust obligé à rendre la Place à l’enne-my, comme il s’est fait de nos jours.
Or pour fe garantir de ces pertes, la nécessité a donné lapensée , Lc âpres la pensée, les moyens de fe fortifier d'vneautre maniéré, Lc de telle façon, qu’il n’y ait aucun endroitautour de la Place qu’on veut garder, qui ne soit découvert, Lcveù d'vn ou de plusieurs lieux de l’enceinte de la Place. C estl’avantage de la fortification moderne, dont je veux vous en-tretenir en ce Livre, qui porte pour titre, l’A r t Univer-sel