AFFINITÉ CHIMIQUE. 3
on remarque qu’ils s’unissent, et que de cette union résulte uncomposé qui ne ressemble ni à l’un ni à l’autre des corps simplesemployés. C’est à cette union, à ce phénomène, qu’on donne lenom de combinaison. Ainsi, quand on fait chauffer dans uncreuset quarante parties de plomb et dix de soufre, on obtient uncomposé homogène dans lequel on ne découvre plus ni le plomb,ni le soufre, mais dont chaque molécule, quelque line qu’elle soit,contient proportionnellement la meme quantité de plomb et desoufre.
Tous les corps ne se combinent pas les uns avec les autresdans les circonstances ordinaires, parce que différentes causes s’yopposent; seulement on peut dire que tous tendent à se combiner.On explique cette tendance à la combinaison, en admettant uneforce inhérente aux molécules ou atonies de la matière, et qu’ona appelée attraction moléculaire ou atomique. Celte attractionprend diff érents noms, selon qu’elle a lieu entre des atomes simi-laires ou des atomes de nature différente : dans le premier cas,on l’appelle cohésion, et, dans le second, affinité.
COHÉSION. — La cohésion, comme nous venons de le dire,étant cette force qui unit les atomes de même nature, c’est-à-dire,les atomes intégrants d’un corps, doit être d’autant plus grandeque l’effort nécessaire pour désunir les particules ou atomes de cecorps sera lui-niême plus grand ; il suit de là qu’elle est presqueinsensible dans les gaz, qu'elle est faible dans les liquides, et plusou moins grande dans les solides. C’est cette force qui s’oppose leplus à la combinaison des corps. En effet, tant que la cohésionl’emporte sur l’aflinité, la combinaison ne peut avoir lieu ; ce quiexplique pourquoi les corps solides ne se combinent que très-ra-rement. Soit du plomb et du soufre dont la cohésion pourra êtrereprésentée par 7, et dont l’affinité des particules du soufre pourcelles du plomb ne le sera que par 6, il est évident que la combi-naison n’aura pas lieu ; mais vient-on’par un moyeu quelconque àdiminuer la cohésion, bientôt la combinaison s opère. Aussi lachaleur, ayant pour effet de fondre le plomb, par conséquent dediminuer sa cohésion, devient-elle un excellent moyen pour fa-voriser sa combinaison avec le soufre.
AFFINITÉ. — L’aftinité est cette force qui agit sur les atomesde nature différente. Tous les corps ne jouissent pas les uns pourles autres du même degré d’affinité; ainsi, par exemple, si Tonchauffe du cinabre (composé de soufre et de mercure) avec dufer, celui-ci s’emparera du soufre, et mettra à nu le mercure, quise volatilisera ; ce qui prouve que le soufre a plus d'affinité pour lefer que pour le mercure. On nomme quelquefois cette affinité, élec-