NOMENCLATURE CHIMIQUE. <J
illustres chimistes : elle fut bientôt adoptée par les savants detous les pays.
Avant de terminer ce précis historique, rappelons quelques-unes des paroles mémorables de Lavoisier sur la nomenclaturechimique. « C’est, dit-il, en m’occupant de ce travail, que j’aimieux senti que je ne l’avais encore fait jusqu’alors, l’évidencedesprincipes posés par.Condillac , dans sa Logique et dans quel-ques autres de ses ouvrages. 11 y établit que nous ne pensons qu'a-vec le secours des mots ; que les langues sont de véritables métho-des analytiques ; que l'algèbre la plus simple, la plus exacte et lamieux adoptée à son objet de toutes les manières de s’énoncer, est àla fois une langue et une méthode analytique ; entin, que l’art deraisonner se réduit à une langue bien faite.
» L’impossibilité d’isoler la nomenclature de la science, et lascience de la nomenclature, tient à ce que toute science physiqueest nécessairement formée de trois choses : la série des faits quiconstituent la science, les idées qui les rappellent, les mots qui lesexpriment. Le mot doit faire naître l’idée, l’idée doit peindre le fait;ce sont trois empreintes d’un meme cachet; et comme ce sont lesmots qui conservent les idées et qui les transmettent, il en résultequ’on ne peut perfectionner lelangage sans perfectionner la science,ni la science sans le langage, et que, quelque certains que fussentles faits, quelque justes.que fussent les idées qu’ils auraient faitnaître, ils ne transmettraient encore que des impressions fausses,si nous n’avions pas des expressions exactes pour les rendre. »
Exposons maintenant les principes de la nomenclature chimi-.que actuelle. Pour les corps simples, les noms sont indépen-dants de toute règle ; ils doivent seulement se prêter facilementà la composition de noms plus complexes; c’est pour les corpscomposés, que la nomenclature méthodique est admirable; sonusage, a rendu à la science d’immenses services, et en facilite sin-gulièrement l’étude.
H est une loi générale des combinaisons avec laquelle la no-menclature actuellement en usage est presque toujours d’accord,et qu’il serait convenable d’observer toujours, que nous allonsdévelopper avant d’entrer dans les détails. Deux, trois, quatrecorps simples ou éléments, et très-rarement plus, entrent dansla composition des corps composés ; mais, quel que soit le nom-bre des éléments , il paraît généralement vrai que les corps sim-ples sont unis seulement par deux forces antagonistes qui seneutralisent. Les analyses que nous pouvons facilement effectuerau moyeu de la pile voltaïque, nous offrent une représentationaussi simple qu’élégante de celte manière de voir. Les deux