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Chimie / A. Bouchardat
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20 CHIMIE.

disparu entièrement ; en même temps il s'est condensé dans lepetit récipient quarante et un grains et demi de mercure coulant,et il a passé sous la cloche sept à huit pouces cubiques d’unfluide élastique beaucoup plus propre que l’air de l’atmosphèreà entretenir la combustion et la respiration des animaux.

» Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube deverre d’un pouce de diamètre, et y ayant plongé une bougie,elle y répandait un éclat éblouissant ; le charbon, au lieu de s’yconsumer paisiblement comme dans l’air ordinaire, y brûlaitavec flamme et une sorte de décrépitation à la manière du phos-phore , et avec une vivacité de lumière que les yeux avaient peineà supporter. Cet air, que nous avons découvert presqu’en mêmetemps, M. Priestley, M. Schéelc et moi, a été nommé par le pre-mier, air déphlogistiqué; par le second, air empiréal. Je luiavais d’abord donné le nom d'air éminemment respirable ; de-puis on y a substitué celui d’air vital, et enlin celui A'oxygène.

» En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience,on voit que le mercure, en se calcinant, absorbe la partie salubreet respirable de l’air, ou, pour parler d’une manière plus rigou-reuse , la base de cette partie respirable ; que la portion d’air quireste est une espèce de mofette incapable d’entretenir la com-bustion et la respiration. L’air de l’atmosphère est donc composéde deux fluides élastiques de nature différente, et pour ainsi direopposée.

» Une preuve de cette importante vérité, c’est qu’en recom-binant les deux fluides élastiques qu’on a ainsi obtenus séparé-ment, c’est-à-dire, les quarante-deux pouces cubiques de mofetteou air non respirable, et les huit pouces cubiques d’air respi-rable , on reforme de l’air en tout semblable à celui de l’atmos-phère, et qui est propre à peu près au même degré à la combustion,à la calcination des métaux et à la respiration des animaux.

» Quoique cette expérience fournisse un moyen infinimentsimple d’obtenir séparément les deux principaux fluides élas-tiques qui entrent dans la composition de notre atmosphère, ellene nous donne pas des idées exactes sur la proportion de cesdeux fluides. L’aflinité du mercure pour la partie respirable del’air, ou plutôt pour sa base , n’est pas assez grande pour qu’ellepuisse vaincre entièrement les obstacles qui s’opposent à cettecombinaison. Ces obstacles sont l’adhérence des deux fluidesconstitutifs de l’air de l’atmosphère, et la force d’affinité qui unitla base de l’air vital au calorique ; en conséquence , la calcina-tion du mercure linie, ou au moins portée aussi loin qu’ellepeut l’être dans une quantité d’air déterminée, il reste encore