im peu (l’air respirable combiné avec la mofette, et le mercure nopeut en séparer cette dernière portion.»
Si nous cherchons maintenant à déterminer d’une manièreexacte la proportion relative des deux gaz qui entrent dans lacomposition de l’atmosphère, voici encore une expérience due àLavoisier , qui va vous donner des résultats s’approchant de bienprès de la vérité. Introduisons sous une cloche graduée, placéesur un bain de mercure, 100 parties d’air en volume, puis un peud’eau et un bâton de phosphore attaché à un fil de fer souple. Sinous abandonnons la cloche pendant quelques heures, nous re-connaîtrons que l’absorption de l’oxygène est complète lorsque lephosphore ne paraîtra plus lumineux dans l’obscurité. Si alorsnous retirons le cylindre hors de la cloche, nous constaterons ai-sément que les 100 parties d’air ont été réduites à 79 environ, etque le résidu dans lequel on plonge une allumette enflammée s’é-teint aussitôt, ce qui nous montre que ce n’est plus de l’air, maisde l’azote qui constitue ce résidu : il y a donc eu vingt et une par-ties d’air absorbées ; c’est le gaz oxygène dont le phosphore s’estemparé pour former avec lui un composé que nous étudieronsbientôt. L’air serait donc composé de 21 volumes de gaz oxygèneet de 79 de gaz azote.
MM. Dumas et Boussingault sont arrivés à des résultats très-voisins des précédents, en pesant l’oxygène, et en pesant l’azoteque l’air renferme.
Je vais faire connaître en détail ces expériences si remarquablespar les soins infinis employés par les auteurs pour approcher leplus près possible delà vérité.
Les procédés qu’ils ont mis en usage sont complètement indé-pendants des chiifres admis jusqu’ici pour la densité de l’oxygèneou pour celle de l’azote ; ils ont évité de baser leurs analyses del’air sur la composition attribuée à quelque composé qu’on aitproduit à son aide, car il aurait fallu s’appuyer sur des donnéesanalytiques antérieures ; et, sans mettre en doute aucun desfaits de la science, ils ont cru convenable de se rendre indépen-dants de toutes les circonstances étrangères au point précis qu’ilsvoulaient déterminer. Ils ont trouvé toutes ces conditions réuniespar l’emploi d’un procédé très-simple dans sa conception commedans son exécution, et qui ne renferme réellement, comme chosenouvelle, que le moyen de remplacer la mesure des gaz par leurpesée; ainsi ils ont réussi à faire l’analyse de l’air, en pesant l’o-xygène et en pesant l’azote qu’ilrenferme. Voici comment ils s’ex-priment : « Nous étant procuré un ballon vide d’air (lig. 3), nousle mettons en rapport avec un tube plein de cuivre métallique ré-