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Chimie / A. Bouchardat
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PHOSPHORE. 57

1801, annonçait la possibilité de distiller toutes les substancesgrasses. A tomort de Lebon, que l’indifférence'de ses concitoyensavait vivement affecté, et qui s’était ruiné dans ses essais, per-sonne en France 11 e continua ses recherches; mais les Anglais surent habilement s’emparer de ses idées et les mettre en pra-tique. En 1805, plusieurs fabriques de Birmingham , et entre au-tres les ateliers du célèbre Watt, furent éclairés par le gaz, par lessoins de Windsor et Murdoeli; mais ce 11 ’cst qu’en 1810 qu’onétablit à Londres la première usine pour l’éclairage public.C’est seulement en 1818 que ce mode d’éclairage fut introduit enFrance . 11 résulte de calculs précis dus à M. Péclct, que la lumièredes bougies de cire est seize fois plus chère que celle du gaz ;que ce gaz de l’éclairage présente une économie de près de moitiésur l’éclairage à l’huile, et des deux tiers sur celui au suif.

L’odeur infecte qui accompagne ce gaz et qui est due à deshuiles pyrogénées, n’est pas aussi désaventageuse qu ’011 le pense,car elle avertit ainsi facilement des dangers auxquels exposent lesfuites du gaz de l’éclairage, et qui sont de deux ordres : 1° desexplosions qui se renouvellent trop souvent lorsqu’on approche deslumières d’une fuite de gaz; 2° l’asphyxie que ce gaz détermine,comme on en a eu un récent et déplorable exemple à Strasbourg .

PHOSPHORE. Historique. — En 1609, un bourgeois de Ham-bourg , nommé Brandt, dans l’espoir de trouver un agent suscep-tible de convertir les métaux en or, lit de longues recherches surl’urine ; il 11 c découvrit point la pierre philosophale, mais il trouvaun des corps les plus intéressants de la chimie, le phosphore.Kuukel, qui eut connaissance de celte découverte, envoya son amiKraft à Hambourg pour acheter le secret de cette préparation. Kraft■l’acheta ; mais il 11 e voulut point le communiquer à Kuukel, qui,à force de travaux, parvint à l’extraire. Boyle en lit autant ; maisce procédé ne fut connu qu’en 1707. Le gouvernement français acheta d’un étranger le secret de sa préparation. On ne retiraitaprès de grands travaux que 120 grammes de phosphore de 5.muids d’urine ; mais Schécle et Gahn le découvrirent dans les osdes animaux, et depuis ce temps on l’obtient avec facilité.

Propriétés. — Le phosphore est solide à la température ordi-naire, insipide, d’une odeur faiblement alliacée. A l’état de pu-reté, il est si flexible qu’on peut le plier sept à huit fois en sensinverse sans le rompre. 1 /000 e de soufre suffit pour le rendre cas-sant. L’ongle le raie facilement; sa pesanteur spécifique— 1,77.Sa couleur varie : à l’état ordinaire il est transparent et jaunâtre ;mais si on le refroidit brusquement après l avoir fait fondre, ildevient noir cl opaque, pour redevenir transparent par un refroi-