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Chimie / A. Bouchardat
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58 CHIMIE.

(lissement lent. On ne sait à quoi attribuer ce phénomène. Placédans l’obscurité, il y est lumineux; de là le nom qu’on lui a donné.Soumis à l’action de la chaleur, il fond à 43°, et si alors on le laisserefroidir lentement, puis que l’on perce la croûte qui se forme àsa surface et que l’on fasse écouler les parties encore liquides, ontrouve les autres cristallisées en aiguilles ou en octaèdres. Si, pen-dant qu’il est fondu, on l’agite avec un liquide (alcool, éther,eau), jusqu'à refroidissement, on peut le réduire en poudre plusou moins fine. Chauffé en vaisseau clos, il se volatilise, de làvient qu’on peut le distiller. Cette, distillation a lieu [bien au-des-sous de la chaleur rouge, et doit être conduite avec beaucoup deprécaution., car ce corps brûle avec une grande facilité.

Exposé aux rayons solaires, le phosphore devient rouge, et celatout aussi bien dans le vide, dans l’hydrogène, l’azote, que dansl’air. On a attribué cette propriété à un peu d’eau qui serait dé-composée et formerait de l’oxyde rouge ; mais d’autres pensent quecela tient à un arrangement moléculaire particulier.

Aussitôt que le phosphore se trouve en contact avec le gaz oxy-gène à une température élevée, il y brûle avec éclat, et il se pro-duit des vapeurs blanches d’acide phosphorique anhydre, et aussitoujours un peu d’oxyde rouge. Au-dessous de 27° et sous la pres-sion de 70 centimètres, le phosphore n’agit point sur l’oxygène àmoins que la pression ne soit diminuée ; mais toutefois, quelle quesoit cette diminution, l’action n’a plus lieu à + 5°. Si, au lieu dediminuer la pression on l’augmente, il faudra une plus forte tem-pérature pour déterminer la combustion du phosphore. Ce qu’il ya de plus remarquable, c’est que l’addition d’une petite quantitéd’azote, d’hydrogène ou d’acide carbonique, produit le même effetqu’une diminution de pression ; ce qui a fait penser à SI. Bellanide Monza, à qui l’on doit ces observations, que les atomes d’unmême gaz avaient encore une certaine force attractive, qui étaitdiminuée par la présence d’un autre gaz. Cette propriété nous ex-plique assez pourquoi le phosphore brûle à l’air en donnant lienà de l’acide phosphatique.

L’eau ne dissout point le phosphore ; mais si cette eau contientde l’air, il se fait cîe l’oxide rouge, surtout sous l’influence dela lumière, et probablement de l’acide phosphoreux qui se dis-sout dans l’eau ; le fait est que l’eau devient acide. Cette raisonfait qu’on doit le conserver dans de l’eau bouillie et refroidie.Cependant, au bout de quelque temps, les bâtons se recouvrentd’une croûte que l’on prenait pour un oxyde particulier, mais(inc M. Pclouzc a démontré n’êlre que de l’hydrate formé de quatreatomes de phosphore et d'un atome d’eau."