06 CHIMIE.
A l’appui de l’hypothèse qui consiste à considérer commeisomères et susceptibles de se transformer run dans l’autre lesgaz spontanément et non spontanément inflammables, M. II. Rosea signalé particulièrement la propriété qu’ils possèdent de s’unirà certains chlorures métalliques, et de former avec eux descombinaisons identiquement semblables; de telle sorte, parexemple, que lorsqu’on vient à les décomposer par l’eau, celle-cien sépare un gaz qui ne s’enflamme pas, tandis qu’avec l’ammo-niaque liquide, il s’enflamme au contraire constamment.
M. Thénard a répété les expériences de M. Rose ; il les aétendues, et en a trouvé l’explication, qui est fort simple.
Le gaz hydrogène phosphore pur, bien dépouillé de phosphoreliquide, n’est pas inflammable à la température ordinaire, maisil suffit d’une faillie élévation de température pour rendre sacombustion très-facile ; à 100 degrés il s’enflamme déjà. Tuutesles fois donc que, par suite de quelque action chimique, ce gazsera porté à la température que nous venons d’indiquer, s’il a lecontact de l’air, il s’embrasera.
SOUFRE. — Si le soufre n’est pas aussi remarquable par sespropriétés que, le, phosphore, il n’est pas moins intéressant à causede ses usages nombreux. C’est en même temps un des corps lesplus répandus; on le connaît de toute antiquité, mais pendantlong-temps une grande confusion régna à son égard. Il n’v apoint, ditMacqucr (célèbre chimiste français et un des derniersreprésentants de la vieille école ), de nom dont on ait si fort abuséque celui-ci dans l’ancien langage chimique. On désignait sousce nom toutes les substances inflammables et combustibles, dequelque nature différente qu’elles fussent d’ailleurs. Le soufre,selon eux, était un des principes des corps ; ils en trouvaientpartout. Bcccher, et'surtout Stalh, son élève, rectifièrent cesidées erronées, à la fin du xvn e siècle, en démontrant la naturedifférente des corps confondus sous ce nom commun d e soufre;mais ils se trompèrent aussi bien que leurs devanciers en regar-dant le soufre ordinaire comme un corps composé. Ce n’est qu’àl'époque de la révolution chimique que les savants français re-connurent la simplicité et la nature de ce corps, qui depuis a tou-jours été rangé parmi les éléments.
Propriétés. —Le soufre est solide, jaune citron, insipide,très-friable , à cassure, luisante et inodore , cependant en lefrottant il en prend une légère; un léger choc suffit pour lecasser ; lorsqu’on le serre, dans la main ou qu’on l’échauffe nupeu, il craque et souvent il se rompt. Sa pesanteur spécifi-que 1 ,t)«i.