SOUFRE. 67
Le soufre conduit très-mal le fluide électrique ; quand on lefrotte, il se développe à sa surface du fluide électrique résineux.Soumis à une température de 108°, il se fond ; entre 110 et 140°,il est très-limpide et jaune; à 1G0° il commence à s’épaissir, enfinde 220 à 250°, il est tellement épais qu’il ne coule plus; une plusforte température semble le liquéfier ; sa couleur alors est brun-rouge. 11 est à remarquer (pie si on vient à refroidir brusquementcelui qui a été cliauifé à 140°, il devient sec et cassant, pendantque celui qui a été chauffé assez pour devenir solide reste mouaprès le refroidissement subit. Ce phénomène est attribué à unarrangement particulier des molécules.
Si lorsqu’il est fondu on le laisse refroidir lentement, (misqu’on crève la croûte qui s’est formée pour en faire sortir lesparties encore liquides , on trouve le fond du vase tapissé d’unefoule d’aiguilles jaunâtres, dont la forme est incompatible aveccelle des cristaux naturels. Enfui, le soufre chauffé convenable-ment se volatilise, et en se refroidissant, il constitue les fleursde soufre.
L’oxygène n’a aucune action à froid sur le soufre ; mais si l’onplonge un morceau de soufre présentant un point en ignition dansun vase plein d’oxygène, celui-ci s’y combine, bientôt pour formerde l’acide sulfureux, seule combinaison que puissent produiredirectement ces deux corps. Cette propriété est même celle quicaractérise le mieux le soufre en raison de l’odeur de l’acidesulfureux.
Le soufre est très-répandu dans la nature tantôt libre, tantôtcombiné ; libre il existe aux environs des volcans ; combinéil existe dans tous les sulfures , les sulfates et dans beaucoupde végétaux , particulièrement ceux de la famille des crucifères ;les œufs, les cheveux, la matière cérébrale, etc., en con-tiennent.
Extraction. — On se procure le soufre par plusieurs procè-des. 1® Aux environs des volcans on trouve des terres qui con-tiennent du soufre en assez grande quantité. Pour l’en extraire,on place les matières terreuses dans des pots de terre cuite sur-montes d’un tuyau qui communique avec d’autres pots, dont lefond est percé de trous , et qui reposent sur une tinette de boisremplie d’eau: en chauffant, le soufre se volatilise et vient secondenser dans l’eau de la tinette ; dans cet état on le nommesoufre brut. Comme il contient des matières étrangères, on lesublime. A cet effet, on le chauffe dans une chaudière communi-quant avec une chambre en maçonnerie destinée à recevoir lesoufre eu vapeurs, et à le condenser sous forme de poudre et