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Chimie / A. Bouchardat
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107
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ACIDE CARBONIQUE . 107

de carbone pour former 1100 d’acide carbonique. C’est donc 8d’oxygène pour 3 de carbone.

» Si nous voulions suivre l’usage établi, nous pourrions, pre-nant la moyenne des neuf expériences que nous avons faites surla combustion du graphite, dire que le rapport exact n’est pas de8 à 3, mais bien de 800 à 299,93.

«Nous avons déjà dit d’où vient que le rapport entre l’oxygèneetlc carbone qui s’unissent étant réellement de 8 à 3,on ne l’obtiennepourtantpas cl’une manière absolue au moyen dugraphite, c’estquele graphite est très-difficile à peser d’une manière correcte. Si on lepèse chaud, il ne renferme pas d’air, mais la balance est entraînéepar les courants d’air que la matière excite ; si ou le pèse froid,il retient 2 ou 3 milligrammes d’air ou (l’humidité.Nous avons cher-ché toutes les façons d’éluder cette difficulté sans être pleinementsatisfaits. Comme le diamant n’est pas poreux, il nous a permis del’écarter de nos expériences et nous avons pu obtenir une sûretédans les résultats (jue le graphite ne nous donnait pus au mêmedegré.Aussi, sur cinq combustions de diamant y en a-t-il trois quidonnent le rapport expérimental de 8000 à 3000 pour l’oxygèneet le carbone. Les deux autres s’en écartent à peine.

» La première fois que nous avons brûlé du diamant, nousl’avions fait peser par une personne étrangère à nos expériences,nous ignorions son poids. Nous avions agi sur des éclats de dia-mant, autant pour essayer les appareils que pour faire une expé-rience. La combustion finie, nous avions trouvé 2598 d’acidecarbonique, et nous en avions conclu que le diamant brûlé pesait708 milligrammes. A cet énoncé la personne qui avait pesé lediamant fut déconcertée, elle en avait mis 717 milligrammes dansla nacelle. Nous lui annonçâmes aussitôt qu’elle trouverait 9 mil-ligrammes de résidu dans la nacelle, et celle-ci contenait en effet9 milligrammes de fragments de topaze du Brésil .

* C’est pour éviter ces mélanges accidentels que, dans les autresexpériences, nous avons toujours opéré sur des cristaux volu-mineux et parfaitement reconnus comme diamant par M. Halphen;aussi cet accident ne s’est-il plus présenté.

* Mais dans notre première expérience nous avions été surprisde l’extrême facilité avec laquelle le diamant brûlait : le diamantse montrait bien plus combustible que le graphite artificiel. Nouspensions que cela pouvait dépendre de la division des petitséclats employés; nous nous étions trompés.

” En brûlant i ou 5 gros cristaux, la formation de l’acide car-bonique est si rapide, que tout l’oxygène est converti en acidecarbonique.