ACIDE PIIOSPHORIQUE. 111
L’acide phosphoreux est solide, cristallisé, blanc, inodore ettrès-sapide; il forme, avec les bases, des sels qui sont en généralmoins solubles que les hypopbosphites ; quelques-uns même ne lesont pas. 11 est formé de deux atomes de phosphore, et de troisatomes djoxygène = I‘ 2 O s .
On l’obtienten traitant par l’eau le protochlorure de phosphore;l’hydrogène de l’eau se combine au chlore, forme de l’acidechlorhydrique, son oxygène au phosphore pour constituer l’acidephosphoreux; en évaporant convenablement, l’acide chlorhy-drique se dégage et l’acide phosphoreux cristallise.
ACIDE HYPOPHOSPIIORIQUE OU PHOSPH VT1QUE. — D’a-près Dulong, il paraît n’être qu’un composé d’acide phosphoreuxet d’acide phosphorique dans la proportion d’un atome du pre-mier, et deux atomes du second, d’où la formule P 6 O s . Ce qu’ily a de certain, c’est que cet acide, combiné avec les bases, donnelieu à des phosphates et à des phosphites.
Cet acide est toujours liquide, visqueux, incolore, très-sapide,d’une odeur faible de phosphore, d’une densité plus grande quecelle de l’eau. Exposé à la chaleur, il se décompose de la mêmemanière que les deux acides précédents. L’eau le dissout en toutesproportions.
Cet acide est toujours un produit de l’art ; pour l’obtenir, ondispose plusieurs tubes de verre dans un entonnoir, qui reposesur un flacon. Dans chaque tube on place un bâton de phosphore,et l’on recouvre le tout d’une cloche percée pour donner accès àl’air. Peu à peu le phosphore brûle et forme l’acide phosphatique,qui, en raison d’uii peu d’humidité que doit contenir l’air, couledans l’entonnoir, et de là dans le flacon.
ACIDE PHOSPHORIQUE . — C’est le plus important des acidesde phosphore ; il fut découvert par Margraff, examiné par plu-sieurs chimistes, mais surtout par MM. Bcrzélius, Dulong, Gay-Lussac et Graham.
Cet acide est solide, très-acide, inodore, incolore, rougissantfortement la teinture de tournesol, d’une pesanteur spécifiqueplus grande que celle de l’eau ; il peut cristalliser, mais diflicile-ment. Exposé à une chaleur rouge, il fond et donne lieu à un verretransparent; à une température très-élevée, il se vaporise; ex-posé à l’action de la pile, il est décomposé en phosphore et enoxygène. L’air et l’oxygène n’ont aucune action sur l’acide phos-phorique , si ce n’est quand ils sont humides; alors l’acide ab-sorbe leur humidité. Parmi les métalloïdes, on ne connaît bien que1 action du carbone ; à une température élevée, il décompose1 acide phosphorique en phosphore et en oxygène, qui, combiné