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Chimie / A. Bouchardat
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134 CHIMIE.

C’cslde tous les corps le plus corrosif ; il désorganise la peauinstantanément, et y produit une ampoule très-douloureuse.

Exposé à un froid de 40°, il ne se congèle pas; il bout au-des-sous de 30°, et forme un gaz que le froid liquéfie promptement.L’oxygène et l’air n’ont aucune action sur lui, non plus que lesmétalloïdes. 11 est très-avide d’eau : aussi chaque goutte d’acideproduit-elle, en tombant dans ce liquide, un bruit semblable àcelui d’un fer rouge qu’on y plongerait.

L’analyse n’a point permis d’isoler les éléments de cet acide ;mais on conclut qu’il est formé d’un demi-volume de fluor et d’undemi-volume d’hydrogène par chaque volume de vapeur fluorhy-drique , de ce que le chlore, le brome, l’iode, forment avec l’hy-drogène de pareilles combinaisons.

On le prépare en traitant à chaud le fluorure de calcium par l’a-cide sulfurique : l’eau de cet acide est décomposée, son hydro-gène se combine au fluor, pour former l’acide lluorhydrique ; sonoxygène se combine à la chaux, qui forme avec l’acide sulfuri-que du sulfate de chaux. Cette préparation doit être faite dans desvases de plomb ou d’argent, l’acide lluorhydrique ayant la pro-priété de corroder les vases de verre.

On s’en sert pour graver sur le verre. Cet acide s’emploie ougazeux ou liquide; sous le premier état il donne des traits opa-ques , sous le second il en fournit de transparents. S’il s’agit detracer un dessin, on opère de la manière suivante , en employantl’acide gazeux. On verse sur le verre bien sec un vernis composéd’une partie de térébenthine et quatre de cire. On passe alors unburin sur le vernis en suivant les traits du dessin , en mettant leverre à nu. On expose alors la plaque de verre sur un vase deplomb d’où se dégage l’acide lluorhydrique. Au bout de quel-ques minutes, l’opération est terminée. 11 suffit d’enlever le ver-nis. Quand on veut employer l’acide liquide , on suit absolumentle même procédé que pour la gravure à l’eau forte sur le cuivre.( Voyez Métaux en général , action de l’acide azotique ).

ACIDE SULFIIYDRIQUE. ( Acide hydrosulfurique, hydrogènesulfuré). •— Historique. — 11 a d’abord été obtenu par Cartheu-ser et Baume, puis étudié par Rouelle, et enfla par Schéele ; onlui donna d’abord le nom d’air puant, à cause de l’odeur infectequ’il exhale.

Propriétés. — Cet acide est gazeux , incolore ; d'une odeur etd’une saveur insupportables, et analogues à celles des œufs pour-ris. 11 éteint les corps en combustion, rougit faiblement la tein-ture de tournesol, et possède une pesanteur spécifique de 1 , 1912 .C’est de tous les gaz le plus délétère. Un air qui n’en contient