ACIDE I0DI1YDIUQUE. 137
odeur est désagréable cl particulière; il affecte très-péniblementles yeux. Sa densité est à peu près de 1,709; soumis à un froidde 20°, il ne, se solidifie pas. Exposé à une chaleur de 00 à 70°, ilcommence à se décomposer; mais à la chaleur de l’eau bouil-lante , la décomposition est prompte. Dans tous les cas, il eu ré-sulte du gaz sulfhydrique et un résidu de soufre. Abandonné àlui-même , il donne lieu au même phénomène , si ce n’est que legaz ne sc dégage, bulle par bulle , que de temps à autre. L’air nel’altère qu’à l’approche d’une bougie allumée ; alors il s’enflamme,et donne lieu à de l’eau et à de l'acide sulfureux.
Le charbon très-divisé en dégage le gaz sulfhydrique ; il en estde même du platine , de l’or, de l’iridium et de quelques autresmétaux, probablement sans s’unir au soufre.
Les oxydes et les sulfures agissent sur lui comme ils agissentsur le bioxyde d’hydrogène , en donnant lieu à des phénomènesanalogues. Mais c’est surtout l’action des pcrsulfures alcalinsqu’il est utile de remarquer ; en effet, l’action est très-forte : ilse dégage de l’acide sulfhydrique, et il se précipite du soufre ;de là vient que dans sa préparation l’on est obligé de verser lepersulfure alcalin dans l’acide et non pas l’acide dans le persul-furc, parce que, à mesure que le polysulfure d’hydrogène seforme, il est décomposé par l’excès du persulfure alcaliu.
Les acides, loin de le décomposer, lui donnent, comme au bi-oxyde d’hydrogène , beaucoup plus de stabilité.
Enfin, le sucre, l’amidon, la fibrine, la chair musculaire, le dé-composent également, et l’on remarque que les matières animalesagissent sur lui plus énergiquement que les substances végétales.
L’eau ne le dissout pas sensiblement ; il ou est de même del’alcool. L’éther le dissout d’abord, puis laisse déposer des cris-taux de soufre.
Pour le préparer, on verse dans un grand entonnoir, dont lebec est bouché , de l’acide chlorhydrique étendu d’eau , puis ony ajoute peu à peu, et en agitant, du polysulfure de calcium ; lechlore de l’acide s'unit avec le calcium , et forme un chlorure so-lubre, tandis que l’hydrogène se combine avec le soufre pourconstituer le polysulfure d’hydrogène qui se précipite, et que l’onsépare en ouvrant le bec de l’entonnoir. L’analyse y a démontrédes quantités variables de soufre ; peut-être arrivera-t-on à ob-tenir un bisulfure dont la composition sera de 1 atome de soufreet de 1 atome d’hydrogène — H S.
ACIDE IODIIYDIUQUE (Acüle hijdriocUque). — C’est à M. Gay-Lussac que nous devons la connaissance de l’acide iodhydrique,ainsi que celle de ses propriétés.
12 .