place au nombre des savants les plus illustres; il fit des décou-vertes nombreuses et très-importantes, n’ayant pour tout instru-ment, dans un obscur laboratoire de pharmacie de province ,que dos fioles et quelques tubes ; ce qui nous prouve que le gé-nie n’a pas toujours besoin d’un grand théâtre pour révéler sapuissance. M. Gay-Lussac obtint, à l’état de pureté, l’acide cyan-hydrique , par le procédé suivant.
Préparation. — On prend une cornue tubulée (fig. 33), dontla tubulure porte
un tube en S, au fig. 33.
bec de laquelle onIutc bien une desextrémités d’untube de verre longde 1 mètre, dontl’autre extrémitéest recourbée etlutée à un flaconde verre. On rem-plit d’abord letiers de la lon-gueur du tube avec du marbre concassé , et les deux autres tiersavec du chlorure de calcium , bien sec et concasse. On introduitdu cyanure de mercure pulvérisé dans la cornue, on verse dessusde l'acide chlorhydrique concentré. 11 faut employer un excès decyanure de mercure pour qu’il ne passe point trop d’acide chlo-rhydrique , qui d’ailleurs est absorbé par le marbre.
En chauffant doucement la cornue, l’acide cyanhydrique dis-tille ; il se condense d’abord autour du marbre, d’où on le dirige,à l’aide d’une légère chaleur, sur le chlorure de calcium, et delà dans le récipient qui doit cire entouré d’un mélange ré-frigérant.
Une proportion de cyanure de mercure , en agissant sur uneproportion d’acide chlorhydrique , forme une proportion d’acidecyanhydrique et une proportion de perchlorure de mercure.
Propriétés. — C’est un liquide incolore, d’une odeur forte , etanalogue à celle des amandes amères ; sa densité est de 0,70, ilbout -j- 26° ; à — 15 il se solidifie ; à -j- 26 il est gazeux. La den-sité de ce gaz est de 0,9476. Il rougit faiblement la couleur detournesol. Du soufre chauffé dans le gaz cyanhydrique absorbe cegaz et donne une combinaison solide, cristalline, soluble dansl’eau, ne précipitant pas les sels de plomb , mais formant avecles oxydes des sels particuliers. Le phosphore se sublime sans dé-