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Chimie / A. Bouchardat
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150 CHIMIE.

MÉTAUX DE LA l ,e SECTION. — Parmi les six métaux quicomposent cette section, nous ne traiterons que du potassium,qui seul avec le sodium offre vraiment quelque intérêt.

Les métaux de la l re section, unis à l’oxygène, donnent nais-sance à des oxydes que Ton connaissait sous le nom d 'alcalis ; delàle nom d?. métaux alcalins, par lequel on les désigne quelquefois.

POTASSIUM. —Découvert par Davv, le potassium est solide,possédant l’éclat métallique au plus haut degrc. Quand il est ré-cemment préparé, il ressemble à l’argent mat; mais il se ternitbicntût au contact de Pair. Il est aussi mou que la cire; aussil’ongle le raie-t-il facilement, et peut-on le couper avec un cou-teau; il offre alors une section lisse, unie et des plus brillantes.Sa pesanteur spécifique — 0,865. Soumis à une température de58° il entre en fusion, et, si la chaleur est plus forte, il se volati-lise, en produisant une vapeur verte.

Exposé au contact de l’air on de l’oxygène, même à la lempéra-lare ordinaire, il s’empare de ce dernier gaz, et produitun oxydeblanc qui recouvre ordinairement le potassium et l’empêche des’oxyder facilement. Si on chauffe le potassium dans un excèsd’oxygène, il passe, bientôt à l’état de peroxyde; dans tous les casla combinaison se fait avec dégagement de calorique et de lu-mière. Celle propriété de s’oxyder facilement fait qu’on est obligéde le conserver dans de l’huile de naphte.

Son affinité pour l’oxygène est telle, qu’il décompose instanta-nément l’eau, s’empare de son oxygène et on dégage l’hydrogène;mais comme le calorique qui se dégage est en assez grande quan-tité, l’hydrogène s’enflamme à mesure qtt’il Se produit. Bientôtle potassium est transformé entièrement en oxyde qui reste dis-sous dans l’eau.

Pour l’obtenir, on peut suivre le procédé suivant. On prend unfragment de potasse dans lequel on fait une cavité que Ton rem-plit de mercure; alors on place ce fragment sur une plaque métal-lique, et Ton fait arriver les deux pôles d’une forte pile, de ma-nière que le pôle positif soit en contact avec la plaque, et le pôlenégatif avec le mercure. Quand, la pile ayant été activée, le mer-cure contient assez de potassium, on distille l’amalgame avec del’huile de naphte employée ici pour chasser, par sa volatilisation,l’air contenu dans la cornue. Bientôt après le mercure se volati-lise, et le potassium reste à l’état de pureté.

On l’obtient en bien plus grande quantité en exposant aunehaute température la potasse à l’action du fer ou du cèirhon;ceux-ci s’emparent de l’oxygène, et mettent à nu le potassium)qui se volatilise.